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Souveraineté et identité : un débat entre deux courants souverainistes
Lors d'une conférence-débat organisée par le MPC, Pierre-Yves Rougeyron et Laurent Ozon confrontent leurs analyses sur les liens entre souveraineté et identité. Ils reviennent sur l'histoire du mouvement souverainiste, ses divisions internes et les mécanismes par lesquels l'État, selon eux, façonne ou détruit l'imaginaire des peuples.
Ce dont il est question
Résumé établi depuis l'enregistrementLaurent Ozon ouvre la discussion en distinguant deux notions souvent opposées selon lui à tort : la souveraineté, née d'un sentiment de dépossession politique, et l'identité, qui renvoie à des communautés ethnoculturelles plus anciennes que l'État. Il reproche aux souverainistes « à la papa » de réduire la souveraineté à des questions institutionnelles, en oubliant selon lui trois besoins de base : se protéger, se nourrir, se soigner. Il retrace aussi une évolution du discours politique, de la défense d'un « peuple culture » vers celle d'un simple « peuple politique », évolution qu'il illustre par la trajectoire du Rassemblement national et par la formule de Jean-Luc Mélenchon.
Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'histoire du mouvement souverainiste, qu'il situe bien avant le traité de Maastricht, notamment autour de figures comme Pierre Chaunu. Il estime que ce mouvement a produit une réflexion originale sur des sujets comme l'insécurité, l'immigration ou la souveraineté alimentaire, mais qu'il a échoué à raconter sa propre histoire, contrairement à d'autres familles idéologiques. Il critique ce qu'il appelle le « mythe de l'union sacrée », hérité selon lui des maurrassiens et du gaullisme, qui aurait conduit les souverainistes à tendre la main à des courants qu'il juge peu compatibles, au détriment de la défense des intérêts du « citoyen ordinaire ».
Les deux intervenants développent ensuite une réflexion sur la formation des identités collectives. Ozon s'appuie sur les travaux de Peter Turchin sur les « coopérations sous stress maximal » pour expliquer comment les crises historiques façonnent les traits culturels d'un peuple. Il estime qu'une identité ne se bricole pas artificiellement mais part d'un « réel » vécu collectivement. Rougeyron prolonge cette idée en évoquant les usages politiques de l'imaginaire collectif : selon lui, les pouvoirs cherchent depuis la fin de la guerre froide à entretenir des peurs successives (épidémies, climat, etc.) pour occuper l'espace mental des populations et éviter toute remise en cause de leur légitimité.
Ozon développe ensuite une critique de l'État contemporain, qu'il juge devenu un instrument d'ingénierie sociale détruisant les mécanismes de coopération et de responsabilité issus de la culture et de la proximité sociale. Il cite les travaux des frères Polanyi et d'Axelrod sur la coopération pour illustrer cette perte. Rougeyron, de son côté, insiste sur la nécessité de distinguer l'État des classes dominantes actuelles, qu'il qualifie de « dégénérées » et selon lui déconnectées du peuple. Il conclut en défendant l'idée d'un référendum populaire venu « du bas », seul moyen selon lui d'éviter que les tensions actuelles ne dégénèrent en affrontements violents.
En conclusion, les deux intervenants s'accordent sur le fait qu'une identité ne peut être décrétée ou fabriquée artificiellement. Ozon insiste sur le caractère plastique des populations mais met en garde contre l'aggravation des tensions horizontales dans la société française, qu'il relie à l'effondrement démographique mondial. Il estime qu'aucun changement de fond ne se produira sans un stress suffisant pour le provoquer, tout en appelant à traiter ces questions de façon organisée pour limiter les hostilités entre les différentes parties du peuple français.
Points abordés
- Selon Ozon, souveraineté et identité sont deux notions distinctes mais liées, l'une politique, l'autre ethnoculturelle.
- Il estime que les souverainistes classiques négligent trois besoins de base : se protéger, se nourrir, se soigner.
- Rougeyron affirme que le mouvement souverainiste, actif selon lui depuis plus de 40 ans, ne s'est jamais raconté lui-même, contrairement à d'autres courants.
- Il critique le « mythe de l'union sacrée » qui aurait conduit à des alliances jugées par lui contre-productives.
- Les deux intervenants estiment que les identités collectives naissent de crises et de stress historiques partagés, non d'une construction arbitraire.
- Selon Rougeyron, les pouvoirs contemporains entretiennent des peurs successives pour occuper l'imaginaire des populations.
- Ozon considère que l'État moderne a détruit des formes de coopération sociale fondées sur la proximité et la réputation.
- Rougeyron distingue l'État, qu'il estime récupérable, des classes dominantes actuelles, qu'il juge déconnectées du peuple.
- Il défend l'idée d'un référendum imposé « par le bas » comme seule issue selon lui à la crise de légitimité actuelle.
- Ozon anticipe une aggravation des tensions horizontales dans la société française, liée selon lui aux changements démographiques.
Ce résumé est établi à partir de la transcription intégrale de l'entretien, puis relu par la rédaction avant publication. Il ne remplace pas l'écoute : les nuances, les hésitations et les réserves de l'invité sont dans l'enregistrement.
« quand je vois aujourd'hui la production d'une certaine droite, ce n'est rien de plus que le ressuscé de ce que nous disions il y a 15 ans »
« On ne bricole pas une identité nationale. On part d'un réel. »
« Vous n'avez plus la souveraineté, vous avez la domination, ce qui est pas tout à fait la même chose. »
« Il faut un référendum qui parte du bas, qui soit imposé par le bas et donc par un rapport de force qui sera un rapport de force physique. »
Sujets
Transcription intégrale
8 618 mots
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0:00 Nous, le problème qu'on a, c'est que au sein même de notre famille politique gauche et droite du mouvement confondu, l'information ne circule pas. Les gens ne se protègent pas les uns les autres, les gens ne se réunissent pas, les gens ne s'apprécient pas. Et donc après, on peut laisser dire n'importe quoi. Alors que le plus souvent quand je vois aujourd'hui la production d'une certaine droite, ce n'est rien de plus que le ressuc de ce que nous disions il y a 15 ans. il s'agit de la souveraineté et l'identité française. Donc ces deux notions qui sont parfois opposées alors qu'en fait elles sont intimement liées et on va pouvoir discuter effectivement si cela a un sens d'avoir sa souveraineté si on a perdu son identité.
0:59 On va aussi discuter de savoir si la souveraineté permet de défendre son identité et que deviendrait un pays qui perd sa souveraineté. Est-ce qu'il ne perdrait pas également son identité? Évidemment, le sujet étant de l'Union européenne qui nous fait perdre notre souveraineté et est-ce qu'elle nous ne nous risquons pas de ne plus être la France. Donc pour parler de ces sujets, nous accueillons monsieur Pierre Rougeron qui est président du CCA Aristote et monsieur Laurent Osan qui est analyste et essayiste. Et donc on va commencer par une première question qui est effectivement un peuple, une nation car une nation effectivement c'est un peuple souverain. Peut-il survivre à la disparition de son identité? Qui veut commencer? Vous voulez commencer? Bonjour, merci, bonjour à tous. H Alors c'est c'est une question curieuse. Un peuple peut-il survivre à la disparition de son entité? je crois que la réponse elle est dans la question. Un peuple se définit précisément par sa possibilité de se distinguer des autres. Sinon ça n'est pas un peuple. bon donc je sais pas je pense que je vais pas m'étaler et m'étendre en tout cas sur une réponse à à cette question. Jeis revenir sur deux notions dont on parle qui sont celles de souveraineté, celle d'identité.
2:20 Elle naissent toutes les deux de colère, de prise de conscience, d'émotion et aussi d'analyse légitime l'une comme l'autre. La problématique souverainiste en quelque sorte, c'est la question de la souveraineté est je dirais né de l'évidence d'une dépossession, d'une perte de contrôle, d'une perte de pouvoir et du sentiment de ne plus disposer des moyens même du politique pour pouvoir espérer reprendre le contrôle de nos vies et faire vivre notre liberté. Cette évidence là, elle est le résultat de longues années de détricotage de trahison et c'est pas à vous que j'apprendrai qu'elle est légitime ou c'est pas devant vous que je justifierai le fait qu'elle le soit. La question de l'identité est peut-être pour vous en tout cas un élément un peu plus abstrait, abscront, radical, lointain. Je vais essayer de lui donner un petit peu plus de substance si vous voulez bien.
3:28 L'identité, la question identitaire en France à notre époque puisque c'est moi j'appartiens à une famille d'identitaires de gauche plutôt donc des gens qui étaient très attachés à la défense des identités ethnoculturelles locales autochtones si je puis dire, c'est-à-dire Basque, bretonne, alsacienne et cetera. Donc ça ce sont des thématiques identitaires très anciennes, c'est-à-dire cette persistance de communauté, de culture, parfois de langue avec leur propre façon de faire les choses, avec leur propre trait pour utiliser un terme technique ou cybernétique, donc leur propre caractéristique, façon de cuisiner, façon de parler et cetera, façon de construire, architecture, mode de penser et cetera. Et bien tout cela a chez nous été souvent découplé, c'est-à-dire on a mis d'un côté la question politique qui était fondamentalement celle de l'État. Et c'est un défaut que je pointe souvent depuis longtemps chez les souverainistes à la papa, si je puis dire, ou les archéosouverinistes, c'est-à-dire ceux de se focaliser en quelque sorte toujours quand on parle de question de souveraineté sur des problématiques de type étatique et institutionnel et non parle d'autres aspects de la question de la souveraineté. Je considère par exemple que la question de la souveraineté ne peut pas être abordée de façon satisfaisante à partir du moment où on oublie les trois premiers étages de la pyramide des besoins de Masselot, c'est-à-dire se protéger, se nourrir et se soigner. Toute état, tout peuple qui ne dispose pas de ces trois fonctions ou qui n'est pas souverain sur ces trois fonctions là de base ne peut pas être souverain d'une façon ou d'une autre qu'il dispose au nom de sa monnaie, qu'il maîtrise ou pas ses frontières. Voilà. Donc passons là-dessus. la souveraineté, la l'identité, je terminerai là-dessus, l'identité nî d'une colère et cette colère n'est pas explique les
5:21 incompréhensions, voir les distensions qui peut y avoir entre la mouvance identitaire et la mouvance souverainiste. Cette colère, c'est quoi? C'est le fait que la question ce que nous sommes ne se réduit pas, ne se résout pas dans notre état civil. Nous sommes aussi des peuples cultur, c'est-à-dire des communautés ethnoculturelles qui se sont forgées, qui se sont constitués et qui ont réglé la plupart de leurs problèmes, notamment la question de la régulation des comportements et cetera et je passe beaucoup d'autres avant qu'un état avant que l'État se mêle de vouloir s'occuper de tout en France et avant que l'État se mêle de vouloir contrôler tous les aspects de la vie sociale ou tous les aspects de la de d'une vie de tous les aspects fait de la je dirais de la de la collectivité qui autrefois était pris en charge par les communautés de culture et nous assistons en France depuis longtemps à au sentiment et monter progressivement en France en particulier à droite parce que ça c'est plus récent historiquement à la l'idée qu'il y avait chez les mêmes les gens qui s'intéressaient à la question de la souveraineté c'est-à-dire à la question de à la question de nos droits, à la question de l'at et cetera, qu'il y avait un manque d'attention, voire une non prise en compte, une oui une trahison, disons-le, et que finalement maintenant on ne défondait plus et l'évolution du Rassemblement national dans son discours en tout cas est assez caractéristique de ce point de vue-là. On ne défondait plus un peuple culture, c'est-à-dire un peuple spécifique, une substance historique et sensible se manifestant de tas de façons différentes par sa culture, sa façon d'être, sa façon de parler. C'est pas toi, c'est sa façon de construire, sa
7:11 façon de cuisiner, sa façon d'être, son être au monde. On ne défendait plus qu'une qu'un peuple politique. Et là, je reprends l'expression de Jean-Luc Mélenchon parce qu'il est finalement le plus cohérent de tous les politiques de ce point de vue-là. Il assume un peuple politique, c'est-à-dire un pôle qui infiné ne se résout qu'à la somme des rapports de force qui s'exerce à l'intérieur des frontières d'un état à un moment. Voilà. Je vais devoir et vous allez devoir me le pardonner revenir un tout petit peu en arrière parce que je sers dans les rangs souverainistes depuis 20 ans. En tant qu'éditeur et en tant qu'historien, j'ai travaillé sur notre histoire et j'ai pointé depuis très longtemps le grand problème des souverainistes, c'est que les souverainistes ne sont pas des gens de droite qui se racontent perpétuellement.
8:08 Si vous voulez, vous avez des médias qui ne sont que des reprises de la droite que vous raconte son histoire et vous rassure. Vous avez des stations de radio qui ne sont que ça, des médias alternatifs de droite qui ne sont que ça. On se la raconte, on invente des guerres où on n était pas. Bon, à la fin d'ailleurs, ça se termine parfois par le fait d'aller à 10 contre 50 antifas et devir un gamin se faire fragasser parce qu'on se la joue. Et en réalité, le mouvement souverainiste, lui, vu qu'il est perpétuellement dans l'étude, l'analyse et la proposition, ne se raconte jamais. Et d'ailleurs, je vais vous le démontrer très simplement. Il existe un seul livre et qui est mauvais de sur tr sur notre histoire. Un seul. Vous avez un des livres universitaire de bien meilleur niveau qui est Jean-Michel Salgon mais qui lui est un dictionnaire qui n'est un truc de politologie. Vous avez un ouvrage s'appelle le souverainisme, une certaine idée de la France de Philippe Boulanger qui était un ouvrage, il faut être honnête mauvais d'un auteur qui ne l'est pas mais on a le droit de faire de mauvais livres mais on est un bon auteur.
9:14 Et en réalité on a laissé dire sur nous énormément de choses là où nous avons été caricaturés, insultés et disons résumé à ce que nous ne sommes pas. Alors que 90 % de la production intellectuelle alternative dans ce pays nous est d le reste est fait de micro groupes d'extrême gauche. Si je vous dis les causeries du lundi de l'extrême gauche, je pense que ça dira rien à personne. C'est très intelligent, c'est des posts situationnistes. Ça doit être lu par 30 personnes dont un fasciste, moi. Donc vous n'avez pas vous retirez le mouvement souverainiste de la production intellectuelle de ces 30 dernières années. Il n'y a pas de contrediscours du pouvoir crédible. Si vous remontez un tout petit peu en arrière, nous le problème c'est que comme nous ne nous racontons pas, comme on n'est pas perpétuellement en train de raconter notre histoire, contrairement à la plupart des familles idéologiques de la droite, on oublie ce qu'on dit, on oublie ce qu'on écrit et certains essayent ensuite de reprendre nos idées, y compris parmi nos ennemis mortels. Je vais vous donner un exemple.
10:28 Il y a quelques années, ce Alain de Benoît disait à mon ami Laurent Hinger qui pourra en témoigner que sa défense des identités charnelles n'était dont il se fichait h et perdum n'était lié qu'à la haine viscérale qu'il porte à la France et à son histoire. Or la plupart de ce qu'on appelle le camp identitaire historiquement que à personnel ce sont des gens qui appartiennent à une famille idéologique qui est la postcollaboration, ce sont des gens qui sont les vaincus de l'histoire de France. qui appartiennent à une famille idéologie peu autochtone par rapport à nos familles politiques traditionnelles et qui ont fait le même mouvement que leur vis-à-vis qui ne songe pas nous qui sont l'extrême gauche. C'est-à-dire qu'ils ont voulu être proin d'abord et termine proaméricain tous. Exactement comme l'extrême gauche des années 70 a ouvert la voie à travers l'école de Francfort à la gauche californienne d'aujourd'hui.
11:26 Et d'un côté, je les comprends parce que vu ce qui est devenu Berlin, on est loin du nid d'igle, mieux vaut d'un côté obéir à Washington. Bon, ça plus de cohérence. Le problème c'est que ça été des organismes microscopiques mais à défanciser comme le grand gouvernement central mais qui lui au moins a l'avantage de ses intérêts. Le grand gouvernement central défancise des parts entières de génération, les détruit, vend le pays à la découpe mais au moins à la fin il a du vrai pognon. Les rabatteurs d'extrême gauche comme d'extrême droite ne sont que des routes secours de ce système là. D'accord? Or, ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est que comme nous n'avons pas conscience du tout le travail que nous avons fait déjà parce que nous avons une mauvaise conscience de notre histoire, nous la faisons débuter à Mastricht. En réalité, le mouvement souverainiste débute plus de 20 ans avant et sur la quasi totalité des sujets, y compris des sujets praticop pratiques, insécurité, immigration.
12:34 Je rappelle que l'un des grands-pères du mouvement souverainist Pierre Chenu, l'auteur de l'ouvrage de la peste blanche 74 sur la natalité sur l'école les hommes de Lursa et cetera. Le problème c'est que nous on est dans le mouvement perpétuel et pour nous il faut bosser. C'est pour ça que je reprends les trois étages que Laurent a très intelligemment souligné. Souveraineté alimentaire. Qui a fait le combat sur la souveraineté alimentaire ne serait-ce que récemment? Sinon nous qui était là pendant le Covid, je vous rappelle que le la droite identitaire pendant le Covid, elle s'est mis à quatre pattes sur la souveraineté alimentaire, elle est très contente de bouffer du truc polonais quand bien même il y aurait des et le mercur pas un mot et le dernier étage la protection. Ils sont ils seraient très heureux de donner la bombe outre rein. c'est les premiers à dégueuler sur d'assaut pour vouloir juste garder un avion français.
13:36 La plupart déteste notre armée parce que dedans il y a des domiens. C'estàdire des gens qui détestent et qui eux vont au carton même s'ils sont pas blanc bleu. Moi personnel je suis très fier de vivre à côté d'un régiment quand je vois les camarades de Nouvelle-Calédonie, quand je vois tout ce qu'ils abandonnent pour venir se battre pour nous. Je rappelle juste un point, c'est que quand un mec de l'Avyon perd ses parents, son régiment lui paye le train pour y aller. Quand un mec de Wallis perd ses parents, c'est ses copains de régiment qui se côtisent parce que c'est pas l'armée qui paye. Et eux, ils acceptent ça en plus. Tout ça pour 1800 € par mois, faut aimer le pays quand même. Or, le problème c'est que nous avons laissé dire pendant des années et certains de nos chefs y ont participé. pique pendre de nous. Nous sommes laissés insulter au nom de quoi? Au nom d'un myth qui est un mythe que nous héritons des moraciens qui est le mythe de l'union sacrée.
14:37 Donc on a tendu la main partout à tout le monde et on a tous fait cette erreur. Moi compris, on a tendu la main à gauche, à droite, à l'extrême gauche, à l'extrême droite. Et le problème c'est qu'on aurait pas dû. On a perdu du temps. Il y a des gens qui sont pas francisables. Voilà. Il y a des gens qui même s'ils sont francophones et bien sont à peine plus français que Mamadou sorti du bateau. C'est triste mais c'est comme ça. Or nous par ce mythe de l'union sacrée que nous héritons des camarades monarchistes et que nous héritons du gaolisme, ça je jette une pierre dans ma propre dans mon propre jardin. C'est qu'à un moment on ne réunit pas tout un peuple. On réunit la partie consciente de ce peuple. pour protéger les intérêts de ce qu'on pourrait appeler tout simplement le l'homme de la rue ou du moins le citoyen ordinaire qui lui de toute façon a le principe de réalité en face de lui. Il a un crédit, il a des gosses, il a un boulot, il a pas envie de faire la guerre politiquement.
15:43 Et c'est là notre faute, c'est de pas s'être organisé entre nous pour ne pas pour pas protéger ce type là parce que c'est ce type là qui doit survivre pour que notre peuple survive. Et le souci c'est que nous n'avons pas voulu nous défendre alors que objectivement moi je me rappelle de discours délirant qu'on m'a appris en tant que militant. Ne sortez jamais dans la rue, les Français vous détestent. Heureusement qu'aujourd'hui on a des mouvements qui sortent dans la rue. J'ai et j'ai pas pris un brot de fleurs sur la gueule pendant les manifes Covid. Donc le souci pour nous aujourd'hui c'est de former un appareil capable d'être une machine à conscientiser mais pour une guerre longue. Le système est lourd, il est de moins en moins fort mais il est lourd. Il mettra donc du temps à s'effondrer.
16:45 Il mettra donc du temps et plus il mettra de temps, plus il s'effondrera fort. Ça c'est un principe malheureusement de physique. Mais ils vont tout faire pour maintenir le système aussi longtemps que possible et comme nous l'avions annoncé pour défigurer le pays avant de partir. C'est pour ça que Macron est si pressé. D'où le discours sur la dissuasion dans quelques jours et cetera. D'où le fait également de maintenir les pompes au remplacement de peuple. Ils veulent ce qu'ils veulent parce qu'ils sont pris dans des logiques de système dont ils sont à peine conscients pour la plupart, c'est commettre des actes définitifs. Et nous, notre faute, plus que les points aveugles de notre doctrine où il y en a eu, mais on a tellement bossé. Nous le problème qu'on a c'est que au sein même de notre famille politique gauche et droite du mouvement confondu, l'information ne circule pas. Les gens ne se protègent pas les uns les autres.
17:51 Les gens ne se réunissent pas, les gens ne s'apprécient pas. Et donc après, on peut laisser dire n'importe quoi. Alors que le plus souvent quand je vois aujourd'hui la production d'une certaine droite, ce n'est rien de plus que le ressuscé de ce que nous disions il y a 15 ans,. Je vais vous donner un exemple très précis. Le prochain ouvrage de Benoît s'appelait souveraineté nationale, souveraineté populaire de la part d'un mec qui nous a qui nous combat depuis les années 70. point et qui aujourd'hui singe notre discours parce que une partie des Français se rend compte de ce qu'il a perdu. Voilà, c'est d'un côté la grande utilité de ce type de réunion, c'est de faire sans les forcer dialoguer des gens qui malheureusement parce que notre histoire personnelle a été ça, ne s'apprécie pas alors que nous n'aurons bientôt plus le choix parce que la radicalisation des clivage arrive, le système l'a voulu et qu'à un moment le tu de la gueule sera de trop.
18:59 Voilà. Pour rebondir, effectivement, on ne peut pas espérer redevenir souverain si onffirme pas son identité. Et si l'identité n'existe pas, malheureusement, on constate qu'elle est remplacée par d'autres. ça peut être l'identité ethnique, l'identité culturelle, on le voit dans nos dans nos départements, dans nos régions. Et donc la question c'est comment est-ce qu'on crée cette adhésion à l'identité? Est-ce qu'on doit recréer effectivement un roman national pour de nouveau être fier de la France? Et si c'est qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce qu'il faut de nouveau recréer le roman national pour que les gens se retrouvent dans leur identité? L'identité, ça toujours été un quelque chose de très tangible. Ça n'a jamais relevéblement du narratif du roman. Ça en fait partie évidemment. On tous les peuples se racontent. Ils se racontent une origine, ils se racontent des caractéristiques, une naissance, des combats et cetera. Bon, vous savez que j'ai beaucoup travaillé sur les travaux de d'iner Molman autour des coopérations sous stress maximal et la façon dont ces stress historiques produisent l'apparition d'institutions et aussi de traits culturels spécifiques qui visent en fait à incruster dans le temps, c'est-à-dire dans la culture d'un peuple donné, les dispositions de coopération qui sont nées d'un stress historique qui peut-être une épidémie, une guerre, quelque chose de un enjeu de vie est mort.
20:33 pour le collectif. Et donc l'histoire du monde, enfin l'histoire des peuples, c'est l'histoire de populations qui ont été soudées par des stress vitaux, qui ont produit des coopérations sous stress maximal avec tous les bons côtés, les mauvais côtés qu'on connaît à ces moments-là. et les bons côtés, on les connaît. C'est la capacité de se sacrifier, c'est la possibilité de se mobiliser, de se dévouer les uns aux autres, de partager aussi de l'empathie. On parle d'allopathie aussi. bref, ça ce sont les aspects positifs et les aspects négatifs de toutes ces périodes-là, c'est la volonté de rechercher, de recréer de l'unité à l'intérieur. Tous les processus de guerre civile sont toujours nés d'une d'un besoin inconscient souvent de recréer de l'homogénéité intérieure pour faire face à un enjeu de vie et de mort. Et cette homogénéité, elle se définit souvent par le premier étape, c'est-à-dire le fait de se mettre d'accord sur la nature de la menace, qui est l'ennemi? Quelles sont ses caractéristiques dans ces phases là?
21:34 Sous l'effet de la peur? Vous allez voir pourquoi je vous parle de ça. Sous l'effet de la peur, c'estàdire sous l'effet du stress qui naît de la perspective de la mort, de la disparition. Alors s'enclenche des mécanismes psychologiques qu'on a bien décrit en physiologie du stress mais qu'on connaît très bien aussi qui sont ce que Girard appelé la montée aux extrêmes, mais plus fondamentalement des réflexes de d'identification paranoïque de l'adversaire. C'est-à-dire en clair, on prête à l'adversaire des caractéristiques qui sont parfois assez peu raisonnables. Elles ne sont pas toutes des raisonnables, mais elles sont parfois un petit peu exagérées et c'est je dirais dans cette exagération, dans cette radicalisation du groupe face au danger que nit la possibilité aussi de la cohésion et de la recherche du OK, mais ça on verra ça plus tard. Le plus important c'est ça. Et dans cette mobilisation, dans ce processus de fusion coopérative, on a là la naissance de la plupart et le maintien de la plupart des groupes humains dans l'histoire et la possibilité par les institutions, c'est-à-dire par l'État qui est l'institution historiquement chargée de cette mobilisation sous stress vital.
22:46 Et donc là, on retrouve les travaux de de des grands théoriciens du droit sur ces questionsl. Alors, on se retrouve là avec un enjeu qui est celui de la narration. Cette narration, c'est quoi? C'est celle qui naît de la menace, celle qui n'est du stress et celle qui perdure dans les institutions, dans la culture et cetera. Vous pouvez appeler ça roman national, vous pouvez l'appeler autrement ou roman ce que vous voulez. Quoi qu'il en soit, c'est ces phénomènesl sont des phénomènes quasiment sont des ce sont des universaux en matière anthropologique, on les retrouve partout. Voilà. maintenant, imaginez que une culture, c'est simplement un bricolage qu'on va fabriquer en vue d'unir les gens à partir d'une définition mécano. Vous savez tiens, je vais lui mettre un peu de ça, un peu de ça, puis on va parler de ça et cetera. Ça c'est ce qu'on essayé de faire les gens au moment de la Révolution française. Ça marché un certain temps mais ça n'a tenu que par la violence. Ça n'a tenu que par la violence. Ils ont dû abandonner très progressivement de larges pentes de c cette narration.
23:54 C'est le moment de la Révolution française. On connaît le rôle des gaulois à ce moment-là. Bon on va pas parler de tout ça mais on ne peut pas construire en quelque sorte un roman national de toute pièce. On ne peut pas produire simplement, on peut influencer, on peut interpréter, on peut relier les éléments de notre passé, de nos caractéristiques, de notre histoire, de ce qui fait qu'on est comme ça et pas autrement. On peut le faire et mais tout cela n'est avant tout et tout ça ne prend qu'à partir du moment où ça répond à un enjeu et cet enjeu, c'est toujours celui du strade vital. On ne bricole pas une identité nationale. On part d'un réel. Ce réel, c'est celui qu'on observe tous les jours. Pourquoi est-ce que les nations ont été plus fortes que les empires dans l'histoire? Pourquoi est-ce qu'il y a eu la révolutions des nations les empires au 20e siècle et au 19e? Parce que la langue était le moyen le plus efficace. La langue était nos moyens, mais ça n'est pas que ça, c'est un aspect de la culture. La langue était le moyen le plus efficace pour faciliter la viralité des stress, le partage de souffrance, la compréhension entre les acteurs. Là où je veux en venir, pour terminer là-dessus, je dirais que on a aujourd'hui un enjeu, c'est celui effectivement de produire un facteur d'unité. Mais si on se si on bricole, si on prend ça à la française, si je peux dire, c'est-à-dire un peu comme la façon dont les politiques ont pris ces histoires d'identité depuis très longtemps, c'est-à-dire une sorte de bricolage qu'on impose à coup de manif de bouquin de Fernand Nathan, de publicité et de campagne électorale, ça ne marchera pas ça. On est obligé de partir du réel et le réel existe.
25:45 Voilà. d'accord avec la totalité de ce que Laurent a dit et je vais pas en rajouter beaucoup, je voudrais vous faire réfléchir sur un point parce que le réel ça va encore plus loin que ce qu'on croit. Le réel, ce ne sont ce n'est pas uniquement les manifestations, c'est aussi les imaginaires. Or, qu'est-ce qu'un peuple qui est chez lui dans sa tête? C'est un peuple dont les conditions de l'imaginaire peuvent se renouveler. Il y a quelqu'un que j'aime beaucoup qui est Stéphane Roses qui a très bien compris ça. C'est-à-dire que et c'est là la grande erreur qu'on fait depuis la fin de la guerre froid. J' reviendrai. On ne comprend pas que les populations ont un imaginaire de manière autonome des pouvoirs. Et bien sûr, les pouvoirs les plus pathologiques, ce qu'ils veulent, c'est entrer dans la tête pour changer l'imaginaire. Si le totalitarisme a une réalité un jour, là je suis dans mon cœur de métier, on est une histoire des idées politiques, c'est un débat, c'est d'aller jusque dans votre intimité psychique.
27:06 C'est-à-dire, tu penseras ça. Bon, comme disait disons un célèbre banquier recalé à Normal Supemps. J'ai pas donné de nom parce que celui qui balance n'est pas fils de la Vierge Marie. Donc ce que vous c'est malheureusement une tentation et moins vous marquer votre époque de projet d'énergie vitale de projection vers l'avenir pour votre peuple plus donc moins vous institu êtres comme des choses et donc vous allez en vouloir entrer dans leur tête à un moment ou un autre. ne serait-ce que pour qu'il ne voit pas que vous êtes nu en fait. Vous n'avez plus de vous n'avez plus la souveraineté, vous avez la domination, ce qui est pas tout à fait la même chose. Or, le problème qui se pose à nous, c'est qu'aujourd'hui nous sommes face à une case qui depuis la fin de la guerre froide, ils ont compris un truc par les ingénieurs sociaux pendant la guerre froide. Bon, je reviens pas sur les conférences et cetera sur tout ça, mais ils ont compris. Bon on a plus de projets parce que notre seul projet c'était nous d' d'engranger du pognon sous la peur du pop-of. Le pop-of nous fait défaut. On finira par le retrouver, vous inquiétez pas.
28:32 Mais il va falloir trouver des peurs structurantes pour qu'ils comprennent qu'on a le bâton et qu'ils ont le dos et surtout qu'il nous demandent pas de compte. Et donc vous, si vous remarquez bien, depuis la fin de la guerre froide, nous sommes allés de peur en peur. L'épée de vache vont nous tuer. Réchauffement climatique. Alors maintenant, ça va être l'air glaciaire parce que comme vous voyez, le discours est en train de légèrement se muter. Oui. donc, vous allez cramer d'abord, geler ensuite comme ça au moins vous serez comme disait le président Winker qui connaissait bien le coin, vous serez cuiti. et le vous avez évidemment le retour des pop-offs parce que les pop-of c'est bien parce que tout simplement c'est une peur structurante depuis l'an 1000. C'est la peur des peuples de step en fait. Donc l'avantage c'est là il y a un arrière-fond culturel. Bon on va vous revoir la tyrannie asiatique. Là c'est en cours, c'est en train de cuire. laissez-leur un peu de temps quand même.
29:29 vous allez avoir j'arrive même plus à les compter. On a eu les plus acides, on a eu Captain Planet, on a tout eu. Bon, le problème c'est que qu'est-ce que ça fait psychiquement sur l'identité des peuples? Vous régressez au stade stimuli peur pour éviter la coégulation autonome dont parlait Laurent parce que la coégulation autonome, elle peut aussi avoir lieu par cette force d'imaginaire du bas contre le elle peut avoir lieu du bas vers le haut, elle peut aussi avoir lieu du bas contre le haut quand le haut est pathologique. Un pouvoir juste, c'est un pouvoir qui permet au peuple de comment dire de maintenir les conditions de reproduction de son propre imaginaire, c'estàd maintenir le les gens chez eux dans leur tête. Aujourd'hui, le but c'est un grand remplacement qui lui a déjà eu lieu et qui d'ailleurs n'a pas gêné les habituels rentiers de la notion et qui malheureusement a eu lieu dès les années 50, à partir des années 50.
30:31 Et aujourd'hui, c'est ce monde là que le pouvoir essaie de maintenir parce que tout simplement il en a tiré des dividendes de matériel gigantesque. Le problème pour nous ça va être de remettre les Français souverains dans leur tête. Alors effectivement le point où nous en sommes, c'est la question de savoir si nous avons autre chose à proposer qu'un retour à un état ingénieur social. Cette histoire dont tu es en train de nous parler Pierry, c'est l'histoire de la façon dont les États ont utilisé les en quelque sorte acquis des compétences en matière de gestion des stress dans la de population. On connaît tous la façon dont on a raconté au français pour persuader le petit soldat breton, le petit paysan breton du fin fond du finistère d'aller crever dans la gadou dans les Ardenes. Il a fallu lui en mettre en dehors du fait qu'il avait pas trop le choix. Il a fallu aussi lui expliquer que les Allemands coupaient les mains des petits-enfants.
31:35 Et donc toutes ces phases-là qui ont naturalité, quand je dis qu'elles sont naturelles, je veux pas dire, je veux pas les excuser, je dis qu'elles font partie de ce processus de renforcement de stress et de paranoï dont je vous ai parlé, mais que l'État a acquis des compétences depuis longtemps pour utiliser ces phases-là, pour être capable d'orienter, de pousser en quelque sorte des phénomènes de de des mobilisations, des unifications sous stress. Et comme l'a rappelévidemment Pierre, on est là dans aussi chez l'État depuis longtemps, non pas dans la volonté d'accompagner, même de faciliter cette mobilisation sur stress vital de la part de l'État, mais on a maintenant des élites qui ont acquis tellement de compétences en matière de gestion des stress qu'elles s'occupent d'en allumer beaucoup simultanément dans tous les sens dans des niches différentes de la population pour par exemple alimenter des tensions vertical horizontales de façon à ce que par exemple, les tensions verticales. En gros, les conflits de classe, les conflits d'intérêt de classe ne se voi plus et soit en permanence dissous, enfoui sous des conflits d'intérêts horizontaux entre des parties diverses de la population. Et donc ça évidemment c'est un problème. C'estàdire qu'on ne peut pas sortir de ce mécanisme là à partir du moment où on ne reconnaît pas l'existence du peuple culture. À partir du moment où on n'accepte pas ce constat identitaire que nous ne sommes pas simplement un peuple politique. Nous ne sommes pas un peuple politique parce que nous ne sommes pas simplement un état actuel, un état démographique ou un état de rapport de force à l'intérieur de Frontière donné à un moment. Nous sommes autre chose. Nous sommes un peuvre culture. Reconnaître ça, accepter cela et en tirer les conséquences et comprendre de ce fait ce quel état de ce point de vue? L'État notre état, notre état, celui que nous avons fait naître dans l'histoire et qui nous a fait
33:25 naître aussi d'une certaine façon. Cet état n'est pas simplement une mécanique d'ingénierie sociale. Elle ne doit plus l'être et elle doit cesser de vouloir chercher à remplacer, c'est les frères Polani qui ont travaillé là-dessus dans milieu du 20e siècle dans des dans un bouquin qui s'appelait la Grande Transformation dans lequel ils expliquaient très bien comment en fait l'État détruisait les cultures, prenez en charge des fonctions qu'il détruisent les capacités de coopération de base qui naissaient de la culture du fait de vivre ensemble. Et je dirais de la coopération sociale par le potin méchant. Pour faire simple, tu ne fais pas n'importe quoi sinon tu vas passer pour un compte. Ta famille aussi, la réputation de ta famille va pas être bonne et si tu vends pareil, tu produis n'importe quoi, ta réputation va être mauvaise, donc tu fais attention. Et la responsabilité sociale des acteurs économiques ou des acteurs politiques, elle se faisait par cette proximitél. Si tu faisais n'importe quoi, ta grand-mère allait se faire mépriser et tes gosses allaient se faire de leur gueule dans la cour de récréation. Voilà. Et ça, ce mode de coopération là, cette gestion des relations qui crée une forme de responsabilité sociale, c'était le produit de la culture. Plus nous avançons, plus nous faisons remplacer ces phénomèneslà par des processus de coopération étendu, la monnaie, le droit et cetera. Et plus nous tuons la je dirais la particularité de notre de ce que nous sommes plus, nous tuons nous-mêmes.
34:48 Nous avons besoin d'un état qui soit notre état, c'est-à-dire qu'il nous reconnaisse comme peuple culture et qui ne se mêle pas. Ça veut pas dire que je suis minarchiste,. Minarchiste,. Donc, je suis favorable à un état effectivement minimal ni minimaliste, mais je ne crois pas non plus à une société qui vise simplement de coopération spontanée. Pour terminer simplement là-dessus, je vous dirais que notre problème avec l'État aujourd'hui, c'est qu'il n'est pas notre état. Il n'est plus notre état. C'est devenu en fait une sorte de termitière gérée par des ingénieurs sociaux qui se chargent de détruire tout ce que les populations essaye à chaque instant de recréer dans leur quotidien de de logique de responsabilité que nous créons dans notre quotidien. Je vais me prendre un dernier exemple un peu imagé. Pourquoi est-ce que on change les directeurs d'agence bancaire tous les 3 ans et tous les 5 ans à votre avis? oui, pour éviter l'empathie avec le client.
35:43 Évidemment parce que un responsable d'agence bancaire au bout de 3 ans commence à connaître ses clients, il commence à avoir de l'empathie pour ses clients, il ça commence à comprendre les entreprise, il commence à raisonner et il commence à être pris par des réseaux de responsabilité, d'empathie, bref des relations humaines, des relations humaines et des questions de réputation aussi, de proximité et cetera qui font qu'il sort en quelque sorte des mécanismes ou des processaires et qu'il est susceptible de prendre des décisions déraisonnables du point de vue de ces employeurs. Voilà un exemple type et je pourrais vous en donner beaucoup d'autres qui vous montre que l'enjeu de la coopération par la proximité, par la réputation, l'enjeu de la coopération par la culture, c'est aussi un enjeu de souveraineté mais c'est aussi un enjeu d'identité parce qu' nous fait prendre conscience que nous ne sommes pas simplement un peuple politique, nous sommes des façons de faire qui se sont incrustées dans le temps. Il y a, je terminerai en vous disant que il y a un gars qui a travaillé là-dessus qui s'appelle Axel Raad et qui a montré avec le dilemme littératif du prisonnier que la coopération naissait de la réputation de la reproduction, c'est-à-dire du fait de renouveler les interactions sociales régulières. Et lorsque vous renouvelez ces interactions sociales de façon régulière, alors les gens sortent de la logique de nuisance réciproque pour adopter des process, des interactions qui sont basées sur le donnant. Je ne te fais pas de mal, tu ne me fais pas de mal et cetera.
37:09 Mais tout cela c'est la culture. C'est ce que permet la culture et c'est ce que permet la stabilité d'une population à un endroit de gens qui se connaissent et qui défendent leur réputation les uns par rapport aux autres. Ça c'est la culture, c'est le processus de formation de la culture et la culture c'est pas simplement des narrations, c'est pas simplement un imaginaire, c'est évidemment tout ça mais ça c'est je dirais c'est très général mais c'est aussi comme diraient les managers c'est aussi un processus bottom up c'est-à-dire un processus qui part de la base et qui monte vers le haut c'est-à-dire qui se diffracte dans l'ensemble de la société qui fait que l'État lui-même et l'ingénierie d'État elle-même n'est pas nécessaire n'est plus nécessaire partout. Voilà. Donc je terminerai en vous disant que reconnaître la question identitaire, admettre la question identitaire, c'est pas simplement se référer à des mythes d'unité ou à des mythes ou à des romans nationaux ou à des romans tout courts. C'est aussi s'intéresser à la façon pratique dont les êtres humains et nous aussi puisqu'il se trouve que nous en faisons partie encore pour l'instant se mettent à coopérer, à s'organiser et à fabriquer, à produire leur vie de façon raisonnable.
38:23 satisfaisante et heureuse. Voilà, [applaudissements] nous arrivons proche de la conclusion. Donc je pense qu'effectivement on est tous d'accord que souveraineté et identité sont intimement liées. La notion effectivement que l'État inspire le roman national semble une donnée un peu périmée vu queant il y a l'ingerie sociale qui permet effectivement de manipuler assez facilement. Mais est-ce que un peuple effectivement ne doit pas à un moment donner son avis sur son identité et dans la situation où on est aujourd'hui? Quels sont les moyens pour que le peuple retrouve son mot à dire sur tout ce qu'on lui impose? vaste programme comme disait de G face à Morocon et si on moi en tout cas je j'ai pas de prétention d'épuiser le sujet parce que malheureusement toutes les échappatoires consultatifs la démocratie participative he cher à une ancienne ambassadrice despaules qui aujourd'hui fait le chemin vers Alger pour se faire bien voir. La fameuse démocratie participative, c'est-à-dire je te demande ton avis, ensuite tu l'as fait.
39:49 Le bah oui, non mais la démocratie participative c'était ça. C'était on va d'ailleurs dans tout processus de gouvernance, on interroge les victimes. Pourquoi? Pour les inclure dans leur processus de châtiment. Mais on t'a demandé ton avis, on nen a pas tenu compte, c'est pas la question. On nous a demandé. Bon, c'était le droit de pétition que l'Union européenne a créé. C'était la révolution des révolutions. Il y en a eu qu'un seul qui est passé. C'était pour plus d'Europe. Pas de bol. Ah bah c'est drôle. Bon donc moi je ne si vous voulez le tout ce qui va être consultation va demander aux gens leur avis et cetera. Malheureusement ils ne même ils ne l'accepteront plus. Or aujourd'hui, faut se rappeler de choses simples. C'est l'une des grandes divergences que j'ai avec une certaine pensée identitaire, c'est la focalisation sur la haine de l'État parce que l'État c'est ce qui reste de la France et de l'église puisque la fin de l'État, ça été créé par la France et par l'Angleterre. et derrière une certaine statophobie, une certaine francophobie historique et c'est que moi je ne partage pas parce que le problème c'est pas nécessairement l'État et que les gens qui vous dominent ont détruit l'État. Je rappelle Oui, ils l'ont détruit et ils l'Ukraignent.
41:09 Leur type anthropologique le plus haï, c'est le militaire. Bon, j'ai rarement vu des États détester leurs armées. On a un problème de pourrissement des classes dominantes. Pourquoi? Parce que malheureusement la société civile pour reprendre la notion de Ferguson, c'est une notion qui a déjà plus de deux siècles. La notion de société civile intéressant a beaucoup de qualité. Pourquoi? parce que elle colle à la forme capitale, elle colle à la FDT, donc elle a de l'énergie et elle a fait la modernité occidentale,. C'est elle le visage le plus agressif et le plus conquérant du bourgeoisme qui est vraiment l'avanage de l'Occident depuis 4 siècles qui est en train de se refermer, peu importe. Or, le problème c'est que la société civile est une machine aussi à pourrir. C'est triste mais c'est comme ça. Et si on a créé en partie les États donc des êtres capables d'être des prédateurs de prédateurs, c'est pour éviter que ce pourrissement emporte les peuples.
42:12 Il y a J'aime beaucoup la manière mon ami Jérôme Ravn n'est pas là mais je vous recommande ses œuvres sur l'étude de la Chine actuelle. dont les Chinois prennent ces questions là. Ils disent "Nous, nous sommes une économie de marché. Vous êtes un régime capitaliste. Pourquoi? Parce que nous, l'homme le plus riche Jacqua, peut terminer à genou devant le peuple. Vous, ce n'est plus possible vu que la sécession a eu définitivement lieu. Dans le cas de Jackma, ça été vrai,. Il est allé repiquer de la le laiture en Mongolie intérieure pendant 3 mois. Je peux vous assurer que ça lui a fait les bras. Il y a rien de mieux que les travaux de l'affaire. Donc sans dire qu'il faut faire ça, je c'est pas la question. La question c'est que malheureusement nous on a une partie de la vie de la société civile devenue élite dominante devenue élite dégénérée qui a fait ses sessions de nous et qui nous vend à la découpe parce que elle est dans une logique d'administration et nous sommes ces choses.
43:10 Elle vend le bé découpe parce que on ne vend jamais que des choses. Ils nous ont réifié. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'on se dit comment vous pouvez faire ça au pays de vos parents? Comment vous pouvez nous faire ça alors que nous sommes vos compatriotes? Pas du tout. Ils en ont strictement rien à Vous n'êtes plus leur compatriote depuis longtemps. Ils n'ont plus de compatriotes depuis longtemps. Et d'ailleurs, s'il y en a un qui vous l'a bien dit, c'est leur créature actuelle qui est quand même le produit le plus chimiquement pur jamais tellement chimiquement pur que même eux, ils commencent à leur la trouille. Si nous voulons éviter que cette volonté d'affirmation des populations se fasse par un excès de violence qui est tout à fait possible parce que aujourd'hui Laurent l'a très bien dit on est en train d'utiliser des tensions horizontales et quand ce sera certainement nécessaire ces tensions horizontales vu l'état de faiblesse de l'État je vous rappelle que toute guerre intérieure part de du déficit étatique.
44:05 N aucun spécialiste des garres intérieures vous dira le contraire. Les États forts sublimes leur contradiction, les États faibles, les règles dans la rue. C'est aussi simple que ça. Moi, j'ai vécu avec trois peuples sortis de guerre civile, les Rwandais, les mer, les Libanais. Je peux vous assurer que ça ça des points commun transculturels qui sont assez étonnants. Or aujourd'hui, il n'en faudra pas beaucoup et d'ailleurs vous le voyez tous les jours pour qu'on vous dise nous élite dégénéré sommes votre dernier rempart face à une partie de population non française et non francisée. On y a veillé et entre eux et vous il y a nous. il va falloir le supporter. C'est malheureusement pour éviter ça, je ne vois que les voix référendaires, c'est-à-dire une décision obligatoire venant du bas avec une question formulée depuis le bas. C'est-à-dire là, ce n'est pas la procédure référendaire classique où le pouvoir vous interroge sur une question qui est une procédure très utile. C'est pas la question. Mais là, c'est pas ce que je c'est pas ce qui est possible.
45:21 Il faut un référendum qui parte du bas qui soit imposé par le bas et donc par un rapport de force qui sera un rapport de force physique. Et je terminerai en rendant un hommage appuyé à mon vieux maître Alexandre Dornard, père des théories du populiste. Il y a 25 ans, un des premiers souverainistes était conseillers de chev. Lui, il avait été torturé dans les stades dans son pays d'origine qui était le Chili. Donc voir des mecs d'un pays autre venir t'expliquer que ton pays n'existe plus, il voyait à peu près ce que ça fait. Et il a fait les premières théories du populisme bien avant Chantalmouf et cetera. Et comme il était décident chilien, on l'a pas traité de nazi. C'est quand vous avez été torturé par Pinoché, vous avez quand même un petit brevet de gauche qui va durer un petit moment. Or, c'est quoi une un fait populiste? C'est une déglaciation émotionnelle qui en France a eu lieu depuis 2005. C'est-à-dire que là, il y a une prise de conscience par strade de la société que il n'y a plus d'élite, il y a des classes dominantes.
46:32 Et à un moment, la question de la légitimité renaît de ça. Vu que tu n'es pas une élite, une élite c'est quelqu'un qui par ses qualités a la direction des autres jusqu'à l'esprit de sacrifice. Dans notre culture, c'est ça une élite. Vous n'êtes qu'une classe dominante, donc d'un côté qui est à fait roi. Les mecs s'étonnent que plus personne puisse plairer les politiques, mais c'est vous qui avez allumé la mèche. Et le problème, c'est qu'à un moment, il y aura le syndrome la voisier. C'est-à-dire vous aurez un brave type mais qui sera fils de fermiers généraux et de et c'est lui qui va tout prendre. C'est triste mais c'est comme ça. Si on veut éviter que ça se termine par là, il faut faire ça par la décision collective. Sinon et bien ce seront des logiques barbares, donc des logiques de fait. la démographie par exemple comme logique barbare qui vont mettre tout le monde d'accord. [applaudissements] Merci beaucoup, c'est très clair. Donc vous aurez le mot de la fin sur comment effectivement le peuple peut-il reprendre la main sur le roman national que vous n'appréciez pas trop.
47:41 Non, je j'apprécie le roman national. Je dis simplement qu'un on est notre identité ne se résout pas, ne se décrète pas et ne se construit pas. Faut ça c'est très de gauche d'imaginer que tout tu peux fabriquer n'importe quoi, imagino, que tu fais du mécano et que tu as produit une identité à partir de là. Je sais qu'il y a une grande plasticité chez les êtres humains, particulièrement chez les populations en France. On est très plastique. Voilà. D'ailleurs, je suis assez comme sur de ce point de vue-là. Je n'ai jamais accordé beaucoup d'importance à ce que les gens croient penser à un moment donné parce que les gens changent souvent beaucoup et oublie même ce qu'ils ont pensé 1 an, 3 ans, 6 ans, 10 ans, 15 ans avant. Donc je voilà, je suis pas très fixiste ni essentialiste d'ailleurs, même en matière de définition d'identité. Mais en tout cas, une chose est sûre, c'est que ce que nous voyons aujourd'hui, c'est la probabilité très claire de voir apparaître des conflits horizontaux le temps d'énergie d'une certaine façon. Et face au temps d'énergie, il n'y a pas simplement des logiques qui n'ont pas été traitées. Il y a pas simplement des peurs, des angoisses qui ont été ignoré, qui ont même été moqué. Il y a aussi des gens qui s'activent derrière et des gens qui les utilisent. Quand vous avez des peuples qui se jettent ou des populations qui se jettent les unes sur les autres, inexorablement s'avance derrière des force qui cherchent à utiliser ces ces dynamiques là, qui cherchent à les transformer. Alors, je vais pas porter un jugement bien, mal et cetera. Évidemment, la violence est toujours mal, la guerre est toujours mal, la guerre civile est la plus horrible de toutes évidemment.
49:18 Mais la soyez attentif tout de même à ce que de toute façon quoi que nous souhaitions et je de ce point de vue je suis pas je comprends très bien ce que dit Pierve mais je mon expérience en tout cas ma réflexion sur le sujet m'amène à penser qu'il n'y a pas de solution qui se décantent sans le stress suffisant pour le provoquer. Est-ce que ce stress amènera une je dirais un dépassement par le haut? la nécessité de repenser non seulement ce qu'est l'État mais aussi de redonner en quelque sorte de revoir nos catégories quoi qu'il en soit il n'y aura pas de changement brutal sans une peur brutale sans une angoisse brutale. Aujourd'hui les frigos sont encore pleins. Je dirais la le bouleversement de la population et le changement démographique se fait au ball et de plus en plus accéléré mais de plus en plus clair. Maintenant c'est 500000 par an donc voilà. et l'effondrement démographique général qui est mondial, qui n'est pas simplement que français ou européen, nous dit qu'il va se passer des choses fondamental dans notre futur. Notre définition même de ce que être humain va se poser.
50:28 Et de ce point de vue, la question d'identité se pose comme souverainisme anthropologique, c'est-à-dire notre capacité à pouvoir, c'est un terme que j'ai emprunté pier, on en avait parlé tous les deux un jour au restaurant, nous avions porté un toast à l'état caché. Lorsque nous avions porté ce toast à à l'état caché, nous portions un toast à notre état, celui qui était caché, celui qui est enfui. Voilà. et celui que nous voulons voir réapparaître, celui que nous voulons voir redevenir,. Et donc en parlant de ça, nous avions effectivement aborder ces questions-là. je ne crois pas je suis pas contructiviste, je crois pas au blicolage, je crois pas à la construction des idées, je ne suis pas métap politicien, je crois que les gens passent beaucoup de temps à je dirais à à penser comme ils agissent plutôt que l'inverse. Et donc je crois pas au travail des idées dans l'histoire. Je crois surtout malheureusement toujours aux nécessités vitales. malheureusement ce que nous pouvons faire, ce que nous pouvons faire, c'est déjà voir le monde de façon plus réaliste, peut-être anticiper aussi ce qui va se passer et surtout aborder toutes ces questions, traiter s'organiser pour traiter ces questions de façon à ce que ne subsiste pas ou subsiste le moins possible entre les différentes parties du peuple français.
51:45 des hostilités, des incompréhensions qui nous empêchent de travailler ensemble quand ça sera utile et c'est déjà utile mais ça va devenir urgent. Voilà. [applaudissements]
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