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Syrie, Grand Israël : comment les États-nations du monde arabe se défont
Philippe Loubière, arabisant et spécialiste du Proche-Orient, analyse la chute de l'État syrien et son articulation avec le cessez-le-feu au Liban. Il y voit la conjonction d'intérêts entre trois adversaires de la Syrie : la Turquie, Israël et le bloc anglo-saxon.
Ce dont il est question
Résumé établi depuis l'enregistrementPhilippe Loubière commence par distinguer Proche-Orient et Moyen-Orient, une confusion qu'il attribue à une mauvaise traduction de l'anglais et à une méconnaissance géographique des journalistes. Il situe ensuite la chute de l'État syrien dans une séquence de faits liés : la quasi-concomitance avec le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah au Liban n'est selon lui pas un hasard, mais l'aboutissement d'une tentative de déstabilisation de longue date visant l'État syrien lui-même, et non seulement la personne de Bachar al-Assad.
Il détaille les motivations de trois adversaires de la Syrie. La Turquie poursuivrait une ambition territoriale héritée de la fin de l'Empire ottoman, sans pour autant relever selon lui d'un projet néo-ottoman à proprement parler. Israël chercherait à couper les routes d'approvisionnement du Hezbollah, impossible à vaincre militairement, tout en poursuivant un projet de « Grand Israël » qui mêle selon lui une dimension messianique, appuyée sur des références bibliques citées par Netanyahou, et un intérêt pour les ressources gazières et pétrolières de la région. Le bloc anglo-saxon, qu'il distingue de la notion d'« Occident » qu'il juge trompeuse, viserait une domination mondiale des ressources et des marchés.
Loubière revient sur la nature du régime syrien, qu'il refuse de qualifier de simple dictature sanguinaire, comparant Bachar al-Assad à d'autres chefs d'État autoritaires de la région. Il explique la notion de djihad, distingue le Hamas de ses origines (suscité selon lui par Israël comme rival religieux de l'OLP laïque) de son évolution vers une résistance armée à Gaza, et estime que Netanyahou était informé des événements du 7 octobre et les a laissés se produire pour justifier une politique d'expulsion des Gazaouis.
Sur l'absence d'unité arabe, il rappelle que les États-nations issus de la chute de l'Empire ottoman ont des intérêts divergents, ce qui les rend instrumentalisables. Il évoque aussi les enjeux de gazoducs concurrents (l'un soutenu par la Russie et la Chine, l'autre par les États-Unis) et estime que la Russie porte une part de responsabilité dans la chute du régime syrien pour n'avoir jamais permis la reprise de la région d'Idleb. Il conclut sur un avenir incertain pour la Syrie, qu'il voit potentiellement éclatée en plusieurs zones d'influence, tout en refusant le pessimisme définitif : une guerre, dit-il, n'est jamais perdue.
Points abordés
- Le terme Moyen-Orient est un anglicisme mal traduit ; le français distingue Proche-Orient, Moyen-Orient et Extrême-Orient.
- La chute de l'État syrien résulte selon lui d'une convergence d'intérêts entre la Turquie, Israël et le bloc anglo-saxon, non d'un enjeu de politique intérieure.
- Le projet de « Grand Israël » combine, selon Loubière, une dimension messianique et un intérêt pour les ressources gazières et pétrolières de la région.
- Bachar al-Assad ne serait pas, selon lui, un dictateur d'une nature différente d'autres chefs d'État autoritaires de la région.
- Le Hamas aurait été à l'origine favorisé par Israël pour concurrencer l'OLP laïque, avant d'évoluer vers une résistance armée à Gaza.
- La notion d'Occident masquerait, selon lui, un rapport de force entre puissances anglo-saxonnes dominantes et pays européens vassalisés.
- Les termes sémite et antisémite renverraient à une famille de langues et non à une ethnie, selon l'invité.
- La Russie porterait une responsabilité dans la chute du régime syrien pour n'avoir jamais permis la reprise de la région d'Idleb.
- Deux projets de gazoduc concurrents, l'un soutenu par la Russie et la Chine, l'autre par les États-Unis, traverseraient le territoire syrien.
- La Syrie pourrait selon lui se retrouver divisée en plusieurs zones d'influence (israélienne, turque, djihadiste, kurde).
Ce résumé est établi à partir de la transcription intégrale de l'entretien, puis relu par la rédaction avant publication. Il ne remplace pas l'écoute : les nuances, les hésitations et les réserves de l'invité sont dans l'enregistrement.
« je dis bien faire tomber l'État syrien et pas simplement la personnalité du président syrien »
« il y a une dimension religieuse, une dimension messianique qui tire son origine de la Bible »
« Bachar el-Assad n'est pas le boucher de Damas selon vous, ça a été une désinformation »
« une guerre n'est jamais perdue, une lutte n'est jamais finie »
Sujets
Transcription intégrale
6 772 mots
Établie à partir des sous-titres de la vidéo, sans relecture. Les hésitations et les répétitions de la machine ont été retirées, rien d'autre. Cliquez un horaire pour entendre le passage.
0:08 bonjour Philippe Loubier je suis ravi de vous accueillir sur tribune libre vous avez beaucoup étudié dans votre vie mais pas seulement vous avez aussi baroué vous avez de l'expérience alors vous avez tout d'abord un doctorat de Lettres vous êtes arabisant spécialiste de la question du Proche Orient et des Balcans vous avez beaucoup de choses à nous dire il s'est passénormément de choses en Syrie ces derniers jours tout d'abord j'ai une question très scolaire à vous poser et beaucoup d'auditeurs je pense ne peuvent pas apporter la réponse aussi facilement que ça quelle est la différence entre le Proche-Orient et le Moyen-Orient c'est une différence de langue le Moyen-Orient est un anglicisme le Proche-Orient est l'expression que l'on utilise en français et que malheureusement les journalistes ne distinguent pas très bien le pays le proche orient c'est une notion qui est relative l'Orient c'est ce qui est à l'est et pour les anglais ce qui est à l'est et pour nous ce qui est à l'Est ne commence pas au même endroit donc pour nous le proche orient c'est effectivement à partir de l'Égypte la Syrie le Liban la Palestine le le golfe Persique la péninsule arabique ça va même jusqu'à l'Iran à partir de l'Iran on pourrait éventuellement commencer à parler de Moyen-Orient mais c'est une utilisation qui ne qui n'est pas très riche parce que ce serait simplement l'Iran l'Afghanistan à la R le Pakistan d'accord voilà sinon il faut expliquer aux journalistes que l'Égypte n'est pas au Moyen-Orient elle est en Afrique et les journalistes ne le savent pas sans doute il ils ne regardent pas une carte c'est une différ dit que c'est un terme anglo-saxon en fait c'est la traduction c'est la mauvaise traduction de l'anglais Middle East la traduction de l'anglais Middle East c'est proche orient ce n'est pas Moyen-Orient parce que nous n'avons pas le même regard l'Angleterre fait
1:59 commencer le l'Orient beaucoup plus près que nous h pour nous c'est plus loin donc ce qui est pour nous proche pour eux est moyen et il y a l'extrême Orient qui est de l'autre côté de l'Inde d'accord donc mais les mots ont le leur importance voilà il y a le Proche Orient le MoyenOrient et l'extrême Orient et on ne peut pas commencer le Proche Orient au Moyen-Orient parce qu'il manque une case h il manque des pays mais inconsciemment pour l'Angleterre le proche orient c'est la France l'Italie et l'Espagne inconsciemment il ne le nomment pas ainsi mais dans leur mentalité c'est comme ça nous sommes des rastquer pour les Anglo-Saxons tout est question de point de vue c'est une question de point de vue donc en français on évite l'expression Moyen-Orient c'est de l'anglais on dit Proche Orient très bien et justement que s'est-il passé ces derniers jours au Proche Orient absolument beaucoup de choses beaucoup de chose oui vous pourriez nous résumer ça pour quelqu'un qui sortirait de sa grotte là aujourd'hui alors effectivement l'actualité est be aujourd'hui portée sur la Syrie et vous remarquerez la quasi concomitance entre le CESS le feu entre l'armée israélienne et le Hezbollah au sud du Liban la concomitance entre ce cesser le feu qui n'est en fait pas un vrai cesser le feu parce qu'il continue à se tirer dessus et le déclenchement des opérations de Syrie et du renversement de l'État syrien il y a une concomitance de date ce n'est évidemment pas un hasard ce qu'il faut vous fait dire ça al bah une succession de cause et d' faits il n'y a jamais de il y a jamais de hasard il y a une succession de cause et de conséquence et la Syrie effectivement est depuis des années le centre d'une tentative de déstabilisation qui vient d'aboutir vous pourriez dire dans quoi cela prend racine ça prend racine
3:51 dans le fait que la Syrie H a une position géographique qui le ment au confluent de grand de force qui la dépassé de très loin entre les concurrences entre disons entre des adversaires féroces et puissants l'État d'Israël les États-Unis d'Amérique et la Turquie pour ne parler que disons de ce qui est évident et ce qui est caché voilà comment et ce qui est caché bah c'est ce n'est pas caché disons que la Syrie a C a ces trois pays comme adversaires h et ce sont des adversaires qui sont qui ont conjugué leurs forces dans une confluence d'intérêt pour faire tomber le l'État syrien je dis bien faire tomber l'État syrien et pas simplement la personnalité du président syrien parce que ce n'est pas une question de politique intérieure il ne s'agit pas de renverser un président qui serait dictatorial ou despotique malgré le caractère éventuellement autoritaire de l'État syrien ce qui était vrai mais c'est pas le sujet oui le problème n'est pas une question de politique intérieure mais de politique étrangère la Syrie sa position indépendante et les choix de cette qui sont la conséquence de cette politique indépendante gêne trois pays les États-Unis à l'Angleterre c'estàd le bloc anglo-saxon c'est pas un seul pays mais le bloc anglo-saxon l'État d'Israël et la Turquie pour des raisons qui sont autonomes et convergentes l'idée est de démanteler la Syrie ah oui l'idée c'est de démanteler la Syrie il y a plusieurs éléments l'élément disons le moins compliqué à analyser c'est la position de la Turquie depuis la fin de l'Empire ottoman ne reconnaît pas les frontière avec la Syrie n'a jamais reconnu les frontières avec la Syrie a déjà profité à l'époque avant la 2uxeme guerre mondiale de la faiblesse du de la France mandataire sur la Syrie pour
5:41 s'emparer d'une partie du territoire syrien qu'on appelle le saint-jacqu d'Alexandrette iscandaroun la Syrie s'en est déjà la Turquie s'en est déjà emparée à cette époque-là et en fait continue sur sa lancée s emparé de la région d'Erbil de la région d'Idleb pardon herbil c'est au Kurdistan iraakien s'est emparé de cette C de cette partie du territoire syrien il a entretenu des djihadistes et continue le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie aujourd'hui à avoir des patrouilles de l'armée turque accompagné parfois des de patrouilles de l'armée russe pour contrôler une partie du territoire Sirien sous prétexte qu'il y aurait des Kurdes qui agiraient contre les intérêts de la Turquie donc la Turquie en fait a une ambition de d'une ambition territoriale sur la Syrie alors beaucoup parlent d'une ambition néo ottomane de Monsieur Erdogan qui est le président syrien bon c'est bien excessif comme c'est président turc dire du président turc pardon c'est évidemment un peu excessif parce que ça n'a rien d'ottoman l'Empire ottoman n'avait aucun problème à gérer les minorités ethniic religieuse h HM et ça se passait très bien il faut savoir il faut se rappeler que le massacre des Arméniens en 1915 ou des assyoc caldéens la même année en 1915 ne sont pas le fait de l'Empire ottoman sont le fait au sein de l'Empire notment des Jeunes Turcs c'est-à-dire de ceux qui ont construit ensuite à la chute de l'Empire la République turque qui est une République indivisible les turques sont turcophones et sunnites h voilà très bien il y a eu cette logique unitaire et ça n'a rien d'ottomant tout ça en revanche il a une ambition territoriale de la Turquie au détriment de la Syrie c'est clair au détriment aussi de l'Irak alors c'est moins dans l'actualité mais il y a des troupes turques également dans la en Irak en direction de Mossou il y a des ressources naturelles intéressante alors il y a des ressources
7:32 naturelles mais c'est pas ce qui intéresse le plus directement la Turquie ça intéresse la Turquie sur le la question du gazoduc mais j'en reparlerai un peu plus loin h voilà ça c'est le premier adversaire numéro 1 de la Syrie enfin numéro 1 ce n'est pas une un numéro 1 en terme de d'importance forcément mais le premier que je viens de décrire parce que c'est le plus simple d'accord bon il y a également ensuite les raisons israéliennes oui alors les raisons israéliennes sont soit des raisons à court terme soit des raisons à long terme hm les raisons à court terme sont à la suite de la guerre entre Israël et le Liban le constat que le Hezbollah haszballah est impossible à vaincre par l'armée israélienne donc l'objectif d'Israël puisqu'elle ne peut pas vaincre le Hezbollah c'est d'empêcher le Hezbollah de recevoir un soutien militaire de ses alliés c'est-à-dire la Syrie l'Irak et l'Iran d'où le déclenchement de l'opération aujourd'hui la route qui approvisionne le hbolla en matériel en armes en fait est coupé c'est une manière de fragiliser le hzbolla ah bah oui de le fragiliser de faire en sorte qu'il n'it plus le soutien de ses alliés c'est-à-dire Syrie Irak Iran vous pourriez définir en deux mots ce que ce qui est le hzbollah le hbollah c'est le parti de la Résistance libanaise à l'agression israélienne qui est majoritairement composée de Libanais chiites de confession chiit mais il faut savoir aussi qu'il y a quand même des chrétiens au hzbollah le recrutement du hzbollah c'est le sud du Liban principalement bon il y a également dans le nord de laabeka enfin c'est principalement pour le choc militaire avec Israël les des gens du Sud et au sud il y a des chrétiens c'est donc pas monoliique oh c'est quand même
9:23 très majoritairement chiite c'est clair mais enfin il y a des éléments chrétiens au hbollah oui h et autre raison d'Israël de alors les raisons l'autre les raisons à plus long terme d'Israël sont là aussi sa volonté d'expansion territoriale il y a une précipitation aujourd'hui du gouvernement israélien en faveur de ce qu'on appelle le Grand Israël c'est-à-dire des conquêtes successives qui incluent d'ailleurs on l'a bien vu dans l'actualité les Israéliens sont précipités dès la chute de l'État syrien pour s'emparer du Gouland du montermont qui sont en territoire syrien h ce grand c'est un rêve ou un fantasme religieux ça mêle deux choses il y a une part effectivement disons messianique Dieu nous a promis une terre qui va du nî à lefrat en tout cas c'est ce que considère les Israéliens nationalistes mais la carte du Grand Israël recouvre elle aussi une carte des ressources fossiles de la région comme par hasard il y a dans ce qui serait le Grand Israël il y a également les ressources gazières et pétrolières les plus importantes de la région ou en tout cas assez importantes le gaz à Gaza et le pétrole en Syrie mais il y a le gaz aussi il y a les puits de pétrole et n'oublions pas qu'ils veulent aller jusqu'à lefrat et c'est le frrat c'est un peu plus loin le frrat coule en Syrie mais coule aussi en Irak donc ça signifierait s'emparer en même temps que d'un territoire mythiquement dévolue à Israël en même temps enfin dévolue à Israël par ce qu'il croient être leur religion mais cela représente aussi des ressources pétrolières et gazières très importantes en mer et évidemment aussi en pleine terre ce
11:16 projet il est écrit dans des textes religieux des textes sacrés c'est une revendication qui mêle comment dirais-je qui mêle une mémoire historique celle de la Bible et une ambition d'aujourd'hui il y a effectivement une part dans la précipitation de l'État d'Israël à commettre des actes de guerre qui sont tout à fait terribles tout à fait féroces que ce soit à Gaza contre les amaléites ou que ce soit en Syrie ou que ce soit partout ailleurs il y a une dimension religieuse une dimension messianique qui tire son origine de la Bible des textes vous pourriez citer des des phrases ou des oh il suffit d'écouter monsieur netanahou les cités et Monsieur netaniaahou donne ses références la prophétie d'Isaï la prophétie d'Isaï c'est-à-dire en fait la prophétie le fait de donner cette terre justement au aux messianistes israéliens voilà il y a une dimension eschatologique en tout cas de leur point de vue puisque toutes ces guerres avec la férocité qu'elle suppose favorise la venue de ce qu'il croit être le Messie d'accord voilà et par qui pourront-ils être arrêtés finalement dans cette volonté de conquête selon vous ça c'est une question difficile il est évident qu'Israël ne pourrait rien faire sans l'appui des Isra sans l'appui des États-Unis et les États-Unis n'ont manifestement pas l'intention d'arrêter les ambitions israéliennes parce qu'elles les servent donc je ne pense pas que les États-Unis arrêtent la main Israël je ne crois pas même Trump vous Trump pas plus que les autres d'accord oui il faut le dire Trump n'est pas un sauveur suprême il faut pas non
13:06 plus se tromper les intérêts à long terme des États-Unis là je peux venir sur ce point-là les intérêts des États-Unis sont effectivement une domination mondiale de toutes les ressources pas simplement gazières ou pétrolières mais les États-Unis on comment dirais-je ont une représentation du monde double il y a d'une part les états développés qui doivent absolument être leurs clients c'est le cas en particulier des pays comme la France l'Allemagne l'Italie la Belgique la Hollande et cetera qui doivent être les clients des États-Unis parce qu'ils sont riches et peuvent payer et puis les pays du tiermonde qui ont des matières premières enfin les pays qui ont des matières premières tiermande ou pas tiermande qui ont des matières premières et les Américains veulent être maître de la commercialisation de ces matières premières voilà donc c'est ce qui est l'intérêt agir des États-Unis cela recouvre cette volonté de puissance mondiale recouvre toutes ses formes toutes ces ambitions se retrouvent contre la Syrie se sont retrouvé contre la Syrie c'est pour ça qu'il soutiennent également Israël ah les États-Unis soutiennent Israël mais je veux dire ils se soutiennent réciproquement les États-Unis soutiennent Israël aussi sert les intérêts des États-Unis il n'y en a pas un qui domine l'autre complètement on ne peut pas dire Israël domine complètement les États-Unis ù les États-Unis dominent complètement Israël c'est du donnant c'est du gagnant enfin pour eux peut-être perdant pour le reste du monde mais ça pourrait être aussi du perdant pour eux alors pas pour le moment on voit que pour le moment ils sont ils ont l'initiative mais est-ce qu'ils continueront je ne sais pas alors ce qui pourra à la limite à terme limiter les ambitions d'Israël c'est son déficit démographique oui parce que plus Israël voudra s'étendre plus il lui faudra de population et il ne l'a pas la population israélienne fuit Israël
14:58 en ce moment pour cause ils sont 5 millions d'habitants ou moins 5 milli peut-être un peu plus mais les gens les gens prennent la fuite beaucoup d'Israéliens qui ne sont pas fanatiques de netanahou la population israélienne est une population qui elle aussi est double oui il n'y a pas que des fanatiques il y a d'une part ceux qui soutiennent la politique de netaniaahou par fanatisme mais il y a toute une population israélienne qui ne demande qu'une seule chose c'est de vivre comme en Californie en paix en tout cas avec la supériorité sur le reste du monde mais qui n'est pas guerrière qui veut vivre de façon hdoniste et ceuxl effectivement en ce moment ont plutôt tendance à vouloir fuir Israël pour ne pas être mobilisé parce que cette guerre est très très très coûteuse en hommes les Israéliens ont perdu beaucoup d'hommes à Gaza et beaucoup d'hommes au Liban c'est une des raisons pour lesquelles d'ailleurs Israël a accepté le cesser le feu au Liban c'est à cause de son très grand nombre de perte de soldats il y a des femmes aussi dans l'armée il y a des femmes dans l'armée oui h comme en Ukraine mais je ne sais pas si la comparaison est raison oui parce que en Israël les femmes sont mobilisées au service militaire en Ukraine c'est quelque chose qui est plus récent là les traditions matchistes sont plus solides et donc le fait de mobiliser les femmes est une habitude récente donc Bachar el-Assad n'est pas le boucher de Damas selon vous ça ça été une désinformation non c'est pas le boucher de Damas il faut pas exagérer h HM le régime syrien était un régime autoritaire c'est vrai mais est-ce que Bachar était un dictateur à l'ône à laquelle on mesure le pouvoir du maréchal Sissi en Égypte ou du roi du Maroc font que c'est ce sont des
16:50 chefs d'État qui sont tous des chefs d'État autoritaire il s'agit pas de mettre un jugement de valeur il s'agit de il s'agit bien de comprendre que ce c'est un motif de politique intérieure qui est mobilisé c'est un dictateur c'est un boucher c'est ceci cela pour le renverser non pas à cause de ça mais le renverser parce que sa politique indépendante ou la politique indépendante qu'impose la géographie à son pays fait que il a des adversaires et sont des adversaires qui sont puissants et très impitoyables il dit que ce sont les terroristes qui ont pris le pouvoir en Syrie aujourd'hui c'est bien ça alors qui dit ça Bachar al-Assad aujourd'hui Bachar n'est plus président de la Syrie donc effectivement ce que les Syriens et en particulier le régime appelit les terroristes ont pris le pouvoir mais c'est une question de dénomination les Syriens les appelaient les terroristes la dénomination la plus précise qui serait la moins comment dirais-je la moins polémique ce sont les djihadistes car ils font le djihad en tout cas c'est c'est au nom du djihad qu'il se battent oui qu'est-ce que le jihad pour les personnes qui ne savent pas ce que c'est alors le jjihad c'est une c'est ce serait l'équivalent de ce qu'on appelait autrefois en France la mobilisation c'est le fait de se mobiliser il y a un petit djihad qui est un djihad d'ordre militaire qui est le fait de se défendre contre un adversaire contre l'adversaire qui menace la communauté en l'espèce musulmane et puis il y a le Grand jjihad qui est le dihad contre ces mauvaises pensées ces mauvaises pulsions qui font de soi un être grossier ce sont les deux notion donc c'est ça que ça veut dire dans l'espèce il ne s'agit que du petit djihad c'est-à-dire du djihad militaire mais c'est une autoproclamation il n'y a pas de légitimité à prononcer le djihad il faut
18:42 comprendre que l'islam d'aujourd'hui souffre d'une absence de chef il y avait jusqu'à la fin de l'Empire ottoman un chef le calife h le calife qui était à Constantinople ou à Istanbul et qui était le en même temps que le chef politique de l'Empire ottoman c'était le chef religieux de tous les musulmans sunnites depuis la fin de l'Empire ottoman il n'y a plus d'autorité religieuse donc chacun peut se dire c'est moi le dépositaire de la foi musulmane personne ne pourra le contester sauf son rivale bien entendu mais il n'y a plus d'autorité religieuse donc c'est la foire d'empoigne c'est effectivement la foire d' en parlant de terrorisme pour en revenir à la Palestine le Hamas il est financé par qui et quel est son sa raison d'être ça c'est compliqué là parce que le Hamas à l'origine a été suscité comme un rival de l'Organisation de Libération de la Palestine qui était dirigé par des laïques Arafat est un laïque c'est un militant politique et on a Israël à suscité la naissance du Hamas justement pour que l'autorité politique palestinienne est un rival et que ce que le discours soit un discours religieux et non plus un discours politique effectivement c'est quelque chose qui a marché cela dit la réalité a imposé aussi sa marque parce que le Hamas a voulu est progressivement devenu en fait beaucoup plus unité de résistance palestinienne qu'un discours religieux
20:33 et il y a une espèce comment dirais- là aussi de dichotomie entre le Hamas qui est à Gaza qui est la résistance palestinienne et les structures politique externes du Hamas qui sont au Qatar qui sont en Turquie qui sont à Londres qui elles sont restées plus sur une ligne religieuse il y a un rapport entre netaniaahou et le Hamas bien sûr alors vous pouvez nous dire lequel alors entre netanahou et le Hamas il faut encore distinguer lorsque le Hamas a été créé il y a peut-être 20 ou 30 ans netanahou n'était pas forcément au pouvoir à ce moment-là donc il s'agit de la bénédiction d'Israël à la création du Hamas et Israël a laissé des fonds Qataris alimenter le Hamas de façon parfaitement cynique voilà alors donc c'est un instrument aujourd'hui la le comment dirais-je les événements du 7 octobre de l'année dernière netanahou était parfaitement au courant de ce qui allait se passer et l'a volontairement laissé faire parce qu'il a il a probablement saisi cette occasion là pour ensuite à commencer à appliquer son programme de d'expulsion de la population palestinienne de Gaza pour s'en emparer voilà pour procéder à un nettoyage ethnique oui mais simplement les Gazaouis ne se sont pas laissés faire est-ce que une union du monde arabe pourrait stopper cette fureur et à condition que l'union du monde arabe existe elle n'existe pas du tout elle existe n'existe absolument pas la modernité qui a suivi la destruction de l'empire ottoman c'est la création d'État nation la Syrie l'Égypte et même la naissance toute récente de la de l'Arabie Saoudite comme est un nation véritable l'apparition récente pas la naissance mais l'apparition récente de
22:23 l'Arabie Saoudite c'est la modernité sont des États nations qui ont chacun leurs intérêts et ces intérêts ne sont pas nécessairement concordants donc ça ça permet d'être instrumentalisé par l'Occident comme des pièces des AL l'Occident est une notion qui est une notion de désinformation il n'existe l'Occident ça n'existe pas ça n'existe que comme cache misère pour ne pas désigner en fait les anglosaxons le bloc anglo-saxon qui BL le maître du monde qui est le maître du jeu en tout cas il est évident que ne parler que d'Occident comme font beaucoup de gens est une désinformation parce que ça masque des rapports de force très puissants entre les puissances dominantes Angleterre États-Unis et les puissances dominées Allemagne France Italie et cetera donc l'Occident c'est le mettre Saxon avec son valet qui est donc l'europeoccident oui l'Europe en disant les différents pays européens parce qu'il y a pas non plus d'Europe autre que la structure fchisante de l'Union européenne qui comment dirais-je est de moins en moins accepté par les peuples oui l'Europe géographique alors oui en tout cas disons les différents pays européens pour rester au stade des états parce que ceux-là ont une réalité historique sociologique et politique beaucoup plus importante donc parler d'Occident c'est dissimuler le rapport de force entre dominant et dominé et ça profite au dominant bien sûr parce qu'ils ne sont pas identifiés comme tels donc il ne faut pas parler d'Occident il faut parler du bloc anglo-saxon et éventuellement des États qui leur sont vassalisés comme le goû de la République française l'Allemagne et cetera absolument et donc ce bloc anglo-saxon a tout intérêt à ce que il y ait ces états nations divisées dans le monde arabe non c'est pas qu'ils aient intérêt à ce que les à ce qu'il a des état nation c'est qu'ils sont en train de casser les États nations qui
24:13 sont le résultat de la modernité et en particulier d'une modernité qui a été beaucoup inspirée par le modèle français la Syrie c'est le modèle français la Turquie c'est le modèle français même Israël dans une certaine mesure c'est le modèle français l'Égypte c'est le modèle français modèle un modèle moderne d'État nation ça veut pas dire que ce soit des nations récentes l'Égypte existe depuis très longtemps mais la Constitution juste la modernité à la fin de l'Empire ottoman c'est l'apparition d'étan nation à la fin de l'Empire est par définition multi quelque chose bon là il y a on est plus dans le multi on est dans les l'apparition des état nations il y a que le Liban qui qui n'a pas réussi à devenir un vrai état nation parce que justement ils sont restés à l'Empire ils sont restés l'Empire ottoman les communautés moi je suis si je suis se je suis musulman ou chrétien ou je sais pas quoi ou drus ou ce sont des communautés qui cohabitit assez bien jusque là qui cohabit plus qui cohabitait de séculairement plutôt bien avec de temps en temps des crises comme ça arrive dans tout couple surtout groupe humain oui surtout quand les Anglo-Saxons magouill allègrement bien sûr l'État nation inspiré du modèle français vous le définiriez comment quel ça ressemble à quoi dans les grandes lignes bah c'est l'État nation c'est le fait qu'il y ait un état qui comment dirais-je administre la vie politique d'une nation c'estire qu'il y a coïncidence entre les deux h coïncidence entre une nation et un état qui fonctionne voilà c'est la coïncidence entre une réalité historique et sociologique et un mode de fonctionnement et donc c'est un état tout-puissant pas forcément tout-puissant mais en tout cas
26:04 qui fonctionne mais qui fonctionne plutôt bien bah en principe les état naationss fonctionnent plutôt bien ce sont les fonctionnements impériaux qui sont justement fragilisés par l'histoire fragilisés par le temps fragilisés par leurs adversaires ce sont les empires s'écroulent et les nations durent l'Empire romain malgré toute sa puissance s effondré l'Empire ottoman s'est effondré l'Empire austrohongrois s'est effondré la seule solution pour s'inscrire dans la durée c'est d'être souverain c'est d'être un État souverain oui bien sûr mais ça ne veut pas dire que ça règle tous les problème simplement c'est l'adéquation entre l'aspiration politique entre voilà c'est ça la liberté et l'aspiration politique l'indépendance c'est le N collectif de la liberté la souveraineté c'est le nom collectif de la liberté la liberté est une notion individuelle la souveraineté est une notion collective un pays souverain c'est comme c'est un pays libre voilà et ça c'est en train d'être cassé peu à monde arabe c'est mais pas seulement en Europe aussi parce que tout ça les États souverains sont dans la dans le collimateur du monde anglo-saxon la mondialisation ne supporte pas qu'il y ait des états nation qu'il y ait des frontières qu'il y ait des limites qu'il y ait une pai vesphalienne entre les différentes nations qui coexistent etiltrer partout et homogénéiser le monde pas forcément l'homogénéiser en tout cas le domin h voilà don nous sommes dans une lutte en ce moment entre les états nation et le l'égémonie anglo-saxone le mondialisme c'est le nom gentil de l'hégémonie anglo-saxone voilà les gémons Anglo-Saxons les gémons Anglo-Saxons ce qu'on a appelé longtemps le leadership pour reprendre un mot anglo-saxon oui l'égémonie l'hégémonie ça va l'Impérium
27:56 aussi les mots ont leur importance on voit bien les anglicismes qui se sont glissés ça et là partout dans mais pour nous faire avaler la chose il nous faut avaler le mot d'abord absolument vous dites que la base de tout c'est le langage l'être maître de son langage est une liberté importante que ce soit pour un individu qui doit être effectivement bien qui doit bien maîtriser l'instrument de sa pensée et une société une nation qui doit effectivement elle aussi maîtriser sa façon de se penser d'ailleurs vous dites que le mot sémite et donc antisémite est employé pas du tout à propos en fait parce que séite personne ne sait ce que c'est employé il est employé à Tor et à travers c'est un mot linguistique vous dites c'est un mot oui qui ressortit de la linguistique ce n'est pas un mot ethnique il y a pas d'ethnie sémite ça n'existe pas il y a des langues sémitiques que sont l'arabe l'hébreu l'araméen l'Éthiopien et quelques autres je vais pas développé mais ce sont des langues c'est une famille de langues comme les langues latines sont une famille de langues l'espagnol italien le Français sont reliés entre elles par une appartenance commune c'est la même chose des langues sémitiques entre elles donc c'est une notion qui est linguistique c'est pas une notion ethnique on ne peut pas définir une ethnie c'est pas une ethnie donc tous les discours sémite ou antisémite ou tout ce qu'on voudra autour de ces termeslà sont des erreurs de langage une fois de plus et vous dites que l'hébreu est réapparu il y a peu bah l'hébreu les Juifs n'ont jamais perdu totalement la mémoire de l'hébreu mais ils n' avaient plus l'usage parler ils l'ont gardé comme nous c'est comme si nous remettions par exemple à parler le latin h c'est une langue quasi morte ah c'était une langue morte au sens où plus personne ne la parlait et le proestionniste a revivifié la l'usage pratique de l'hébreu il y a un usage pratique de l'hébreu on achète son biftech en hébreu dans les
29:47 boucheries de d'Israël de TelAviv de téaviv ou d'ailleurs donc c hébreu est réapparu quand l'État d'Israël a été créé c'est bien ça avant juste avant c'est la conséquence de l'apparition du mouvement sioniste à partir du 19e siècle et bien ceux qui étaient sionistes ont voulu réhabiliter l'hébreux réutiliser l'hébreux le se mettre à l'utiliser à nouveau comme une langue parlée et pas simplement une langue de culture ou une langue de mémoire mais que ça soit que ça redevienne une langue parlée donc c'était le préalable à tout ce qui s'est passer ensuite c'était pas le préalable mais pour accompagner une nation il faut une langue h le sionisme est né au 19e siècle en même temps qu'une autre qu'un autre qu'une autre aspiration ce qu'on appelait le principe des nationalités c'est-à-dire que le la partie européenne la partie orientale de l'Europe était occupé par des empires l'Empire austro-hongrois l'Empire ottoman l'empire tsariste et cetera et les pays qui étaient à l'intérieur de cet empire aspiraient à la Libération c'est ce qu'on a appelé le principe des nationalités pour que les nationalités qui constituaient ces empires deviennent à leur tour des états nation et ils se sont rassemblés autour du projet une langue un territoire un peuple une religion aussi quelquefois et le sionisme en fait s'est modelé sur le même modèle il y avait ce fantasme de d'avoir enfin son territoire et sa nationalité alors bah effectivement la différence entre les juifs et les autres nationalités c'est la relation au territoire il n'y avait pas de territoire spécifiquement juif à l'époque quoi que l'on puisse contester cette affirmation mais elle n'était pas très présente à l'esprit à l'époque c'était le juifant oui si on peut dire le pâtre
31:38 grec ça c'est mouaki oui tout à fait mais mouaki était un juif installé à Alexandrie un juif égyptien et ça se passait très bien à Alexandrie ah ça se passait très bien oui et en fait ce rapport au territoire a toujours été complexe pour bah en espèce les sionistes ne disposaient pas dans ce dans cette ambition du issue du principe des nationalités ne disposait pas d'un territoire donc ils ont ambitionné d'avoir un territoire à eux ils ont même pensé d'ailleurs un premier temps à l'Ouganda en Afrique bon mais ça n'a pas marché parce que peu de Juifs d'Europe avaient décidé avaent été désireux de s'installer en Ouganda donc c'est la Palestine qui a été retenue pour des raisons cette fois-ci religieuses bien sûr Jérusalem pas encore mais c'est ce qu'il disaient les Juifs à l'époque l'an prochain à Jérusalem comme une aspiration millénaire c'était un rêve oui si on peut dire l'ouanda c'était des problèmes climatique oui et puis oui puis c'est un monde qui était très différent lui aussi h et qui ne portait pas la même charge religieuse et spirituelle pour les Juifs que la terre de Palestine vous pensez que comment dire comment ça va finir tout ça c'est une question vous n'avez pas de boule de cristal mais ah j'ai pas de boule de cristal vous imaginez quoi au fond difficile à dire ah la région sera très très agité pendant de nombreuses années là la Syrie va probablement éclater en plusieurs zones distinctes il y a un remodelage des États-Unis effectivement souhaite remodeler le ProcheOrient depuis longtemps et là c'est l'occasion que jamais la Syrie va probablement éclater plusieurs en plusieurs
33:29 entités une partie occupée par Israël une partie occupée par la Turquie une partie par les djihadistes une partie par les Kurdes c'est-à-dire les Américains ça risque d'être assez compliqué la vie risque d'être assez difficile pour les Syriens assez difficile on a vu par exemple que les persécutions religieuses on ont commencé en Syrie église détruite cimetière profané et cetera les chrétiens les alawites qui sont les minorités les plus importantes de Syrie h Bachar al-Assad s'est réfugié en Syrie en Russie oui c'est ça et il reviendra pas c'est très peu probable c'estè il Savit que ça allait se passer comme ça ou selon vous il devait finir par s'en douter malgré tout si vous voulez les choses sont été rendu possible aussi pour des raisons de contexte là nous avons parlé des ennemis de la Syrie mais il faut aussi parler des Amis de la Syrie la Russie la Chine l'Iran et là ces pays ont subi une défaite h la Chine également on n'y fait pas très attention mais les régions les les routes les fameuses nouvelles routes de la soie incluaient le passage d'un oléoduc d'un gazoduc plutôt à travers la Syrie et c'est un projet qui est définitivement mis en course et qui intéressait les routes de la soie chinoise bon il y avait effectivement une concurrence de gazoduc mais j'en dirai un mot tout à l'heure voilà les Russes effectivement ont également subi une défaite parce que probablement les nouveaux maîtres de la Syrie feront part feront fermer les bases russes et ils perdent le port de Tartous aussi qui est important bah pour les Russes c'est
35:20 important plus peut-être que la base aérière de concernant le gazoduc vous vouliez dire que ce projet il y avait deux projets de gazoduc en concurrence qui sont bon disons entre le Qatar et l'Iran sous le golfe Persique il y a une immense poche de gaz cette poche de gaz est exploitée du côté iranien par les Iraniens du côté Qataris par les Qataris bon là jusqu'à présent ils se disputaient pas trop parce qu'ils sont il ils ont réussi à peu près à s'entendre sur l'exploitation du gaz mais l'objectif c'est aussi de l'exporter et donc il y a eu deux projets de gaz de duc concurrent pour aller pour vendre du gaz à l'Europe qui en a besoin le premier projet c'était le projet qui partait d'Iran qui remontait de cette poche de gaz qui remontait qui ensuite obliquait vers l'ouest traverser l'Irak la Syrie et arrivait en bord de Méditerranée en Syrie pour être ensuite exporté vers l'Europe ça c'était le premier projet de gazoduc il y a eu ensuite un deuxième projet enfin il y avait un projet concurrent de gazodu qui partait du Qatar qui traverse l'Arabie Saoudite un petit bout de la Jordanie pénétrait en Syrie remontait ensuite tout droit vers la Turquie et continuait ensuite vers l'Europe ces deux projets étaient en concurrence le deuxième était soutenu par les États-Unis le premier par la Russie et la Chine voilà et c'est le premier qui a été choisi par le gouvernement syrien c'est une des raisons pour lesquelles et bien maintenant c'est l'autre gazodu qui sera probablement lorsque la situation se sera un peu stabilisée c'est celui-là qui sera remis en qui sera remis en sel mais qui n'a pas vu le début de d'une concrétisation encore voilà h très bien voilà donc la Russie a subi une défaite et la et alors
37:14 la Russie a certainement dû voir venir les événements et donc évidemment la présidence syrienne aussi mais il était trop tard quand ils s'en sont rendus compte pour pour réagir pourquoi parce que la poche d'edleèb aurait dû être réduite depuis très longtemps lorsque dans les années 2018 2019 jusqu'à 2020 même la Syrie a refait sa rentrée dans le monde arabe a été réaccepté au sein de la Ligue arabe et cetera la Syrie aurait dû à ce moment-là reprendre le contrôle de la région d'edleb il l'a pas fait il ne l'a pas fait parce que les Russes ne l'ont pas permis la l'armée syrienne n'aurait pas pu le faire à elle toute seule il aurait fallu effectivement un appui et un appui sérieux de l'armée russe et l'armée russe a jamais voulu donc la Russie a eu dans une certaine mesure une responsabilité dans ce qui est arrivé voilà il faut voir que c'est vraiment la Russie qui a lutté à partir de 2015 contre les terroristes et contre les djihadistes c'est bien la Russie c'est la Russie qui a mis fin à daesh en Syrie c'est vrai mais la Russie n'a jamais voulu attaquer les commanditaires de daesh c'est-à-dire toujours les mêmes Israël les États-Unis la Turquie les Russes n'ont pas voulu s'affronter à eux on peut le comprendre mais ils n'ont jamais voulu ils ont toujours été dans le compromis dans le fait de dire on gèle conflit mais on ne le règle pas mais c'est ce qu'ils ont fait partout ailleurs c'est ce qu'ils ont fait en Géorgie c'est ce qu'ils ont fait en Arménie c'est ce qu'ils ont fait en Moldavie c'est ce qu'ils ont fait partout on gèle conflit mais on ne le règle pas et à force de ne pas régler les conflits bah les conflits finissent par se par se venger si je puis dire et c'est ce qui s'est produit et quand effectivement les Américains ont commencé à donner des chars des drones au aux djihadistes et ça
39:05 été trop tard là c'est un coup d'état oui c'est un coup d'état si on peut dire oui écoutez est-ce que vous feriez une conclusion en arabe une conclusion pleine d'espoir à cette entrevue alors une conclusion en arabe notre nos internautes étant francophones je ne vais pas les embêter avec ça mais une conclusion p ou optimiste c'est difficile à dire en tout cas pour le court terme on ne peut pas être très optimiste ça c'est évident l'optimisme viendra de ce que une guerre n'est jamais perdue une lutte n'est jamais finie et là effectivement manifestement le monde anglo-saxon a gagné une et israélien a gagné une manche au Proche Orient mais ça ne veut pas dire que il ils resteront gagnant pour l'éternité ça veut dire que de grands mouvements se produisent dans le monde et que cela changera un peu quelque chose je ne parle pas forcément des bricks parce que les bricks sont beaucoup plus un syndicat de mécontent qu'une véritable alliance mais c'est en jamais Merci à VOUS Philippe loubierre avec plaisir Stéphanie
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