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Entretien Société

Steve Moreau : pourquoi il a écrit un livre sur les femmes, l'amour et la peur

Réalisateur, photographe et ancien technicien de cinéma, Steve Moreau publie "Pourquoi j'ai choisi ma femme ?", un livre qui interroge le choix amoureux et la fidélité. L'entretien revient aussi sur son parcours dans le cinéma, ses réflexions sur la peur, la crise sanitaire et l'éducation de ses enfants.

SR Stéphanie Reynaud 30 juin 2025 · 1 h 18 · 1 065 vues

Ce dont il est question

Résumé établi depuis l'enregistrement

Steve Moreau explique la genèse de son livre "Pourquoi j'ai choisi ma femme ?" par une question qui l'obsède depuis longtemps, inspirée selon lui d'une interview de Stanley Kubrick : pourquoi reste-t-on avec quelqu'un ? Il raconte avoir rencontré sa femme en 1998 sur le tournage d'Astérix et Obélix contre César, alors qu'il était technicien. Le livre, qu'il décrit comme léger et universel, tranche selon lui avec son précédent ouvrage, plus sombre, intitulé Ruban de Rêve.

Il revendique sans complexe sa position d'homme hétérosexuel de 50 ans, qu'il juge à contre-courant d'une société selon lui obsédée par les clivages entre hommes et femmes. Il dit avoir un immense respect pour les femmes, qu'il juge fascinantes, tout en observant ce qu'il perçoit comme une dégradation de l'élégance et de la tenue vestimentaire dans les villes françaises. Il revient longuement sur son expérience de technicien de cinéma auprès de stars (Thierry Lhermitte, Michel Villeret, Gérard Depardieu), expliquant que le système du vedettariat repose selon lui avant tout sur des logiques financières et que la proximité avec les acteurs sur un tournage ne débouche pas sur une amitié réelle.

Steve Moreau développe une réflexion sur la peur, qu'il estime largement fabriquée par les médias et le pouvoir pour diviser et empêcher les gens de se poser les bonnes questions, citant en exemple les peurs successives autour du Covid, de la guerre ou des virus. Il évoque aussi la victimisation généralisée dans la société actuelle, qu'il relie à une stratégie de division. Sur la paternité, il confie qu'il ne voulait initialement pas d'enfants, en raison d'une enfance difficile, mais que sa femme l'a poussé à en avoir ; il dit aujourd'hui retrouver une forme d'âme d'enfant à leur contact.

Il revient sur son film documentaire "Y a-t-il encore un adulte sur cette planète ?", tourné pendant la crise sanitaire en interrogeant des enfants et adolescents de 6 à 23 ans sur leur vécu de cette période. Des extraits sont diffusés en fin d'entretien, où de jeunes interviewés évoquent le port du masque à l'école, la mise à l'écart d'une élève, le pass sanitaire vécu comme discriminant et une vaccination jugée subie plutôt que choisie. Steve Moreau conclut sur des souvenirs de tournage marquants, notamment un jour de tempête à Brest pour le film Océans de Jacques Perrin, et sur l'importance qu'il accorde à la sincérité et à la responsabilité de l'auteur.

Points abordés

  • Le livre "Pourquoi j'ai choisi ma femme ?" est né d'une question inspirée selon lui d'une interview de Stanley Kubrick.
  • Steve Moreau a rencontré sa femme en 1998 sur le tournage d'Astérix et Obélix contre César.
  • Il estime que le système du vedettariat repose sur une logique avant tout financière.
  • Il n'est jamais tombé amoureux d'une star, ayant selon lui démystifié tôt le côté vedette.
  • Il pense que la peur contemporaine (guerre, Covid, virus) est en grande partie entretenue par les médias et le pouvoir pour diviser.
  • Il ne voulait pas d'enfants au départ, en raison d'une enfance jugée difficile, avant d'être convaincu par sa femme.
  • Il a réalisé un documentaire, "Y a-t-il encore un adulte sur cette planète ?", en interrogeant des enfants et adolescents sur la crise sanitaire.
  • Il considère que la victimisation et l'inclusivité linguistique participent selon lui à une division voulue de la société.
  • Il relie sa fascination pour les femmes à une observation plus large sur l'élégance et la dégradation de l'espace urbain en France.
  • Il raconte des souvenirs de tournage comme technicien, notamment sur le film Océans de Jacques Perrin.

Ce résumé est établi à partir de la transcription intégrale de l'entretien, puis relu par la rédaction avant publication. Il ne remplace pas l'écoute : les nuances, les hésitations et les réserves de l'invité sont dans l'enregistrement.

« La peur, elle est créée pour ne nous diviser (...) pour nous faire sauter le système mental. »
Steve Moreau 23:28 écouter le passage
« Les gens ne s'aiment pas parce qu'ils ne s'aiment pas eux-mêmes. »
Steve Moreau 29:42 écouter le passage
« Moi, c'est un film qui a changé ma vie. C'est un film qui m'a sauvé de la noyade et c'est véridique. C'est le grand bleu. »
Steve Moreau 56:42 écouter le passage
« Quand tu retires le langage à un être humain, qu'est-ce qui lui reste ? Les poings, la violence. »
Steve Moreau 1:04:28 écouter le passage

Sujets

cinémacoupleféminitécrise sanitaireéducation des enfantspeur et sociétéstar systèmelittérature

Transcription intégrale

14 902 mots

Établie à partir des sous-titres de la vidéo, sans relecture. Les hésitations et les répétitions de la machine ont été retirées, rien d'autre. Cliquez un horaire pour entendre le passage.

0:08 Bonjour Steve Morau. Bonjour Stéphanie. Bonjour. Je suis ravie de vous accueillir sur Tribune Libre. Vous êtes auteur, écrivain, réalisateur, rêveur, créateur, papa, mari et cetera. Vous avez écrit récemment un livre qui s'appelle "Pourquoi j'ai choisi ma femme?" Ça, c'est une vraie bonne question. Je sais pas si on aura la réponse dans le livre, mais en tout cas c'est très intrigant. Je tiens à dire aux spectateurs que à la fin de cette interview, le spectateur aura l'immense chance de pouvoir découvrir des extraits de votre film documentaire qui s'intitule "Y a-t-il encore un adulte sur cette planète?" Qui a été un petit peu vu mais pas assez vu, que ce soit par le grand public ou ce qu'on appelle la dissidence ou la résistance, comme vous voulez, vous nous laisserez un extrait de ce film. N'est-ce pas Steve? Tout à fait, tout à fait. première question sur ce livre d'amour et de fougue, de fougue amoureuse. Vous nous parlez du jardin secret de l'amour, plein de ces mystères et ses secrets parfois non élucidés.

1:15 Pourquoi avez-vous eu le besoin impérieux d'écrire ce livre? C'est une très bonne question. Ça démarre fort parce que je ne me Est-ce que je me souviens pourquoi j'ai eu envie d'écrire ce livre? Non, ce qui m'a amusé, c'est que et d'ailleurs, je pense que je vais citer un cinéas et je pense que c'est Stanley Cubri qui m'a donné l'idée de ce livre, c'est qu'en fait lui-même se posait la question, je me souviens dans une interview parce que je suis très fan de Stan Kubric et il expliquait, il parlait de ça et ça m'a accroché et pendant des années, j'y ai pensé et donc je m'amusais régulièrement à un dîner ou une soirée de dire "Mais tu sais pourquoi tu es avec lui? Pourquoi tu es avec elle?" et je me suis rendu compte que pratiquement personne n'est capable de répondre à cette question et j'ai trouvé ça fascinant et comme moi je crois beaucoup au monde invisible, à d'autres choses que notre monde parce que ce que j'explique à mes enfants, je pense que pour comprendre le monde visible, faut comprendre le monde invisible.

2:15 en tout cas, ça aide à comprendre le monde visible si on croit au monde invisible. Et je me suis dit tiens, je pourquoi moi je suis avec ma femme? Qu'est-ce que je fais avec ma femme? Et en fait la grande question c'est que moi j'ai rencontré ma femme sur mon deuxième film quand j'étais technicien qui était Astérix Obélix contre César de Claude Zidi. On est tous les on était tous les deux jeunes, c'était en 98 si ma mémoire est bonne et on est ensemble depuis 2000 à peu près et on est en 2025 et du coup c'est vrai que pendant toutes ces années je me suis dit mais pourquoi on est avec quelqu'un? Qu'est-ce qu'on fait avec quelqu'un? toutes ses plus nous on travaille dans le monde du cinéma tous les deux. Elle est souvent en voyage, donc elle peut rencontrer plein de gens différents. Elle peut être elle peut rencontrer des hommes 10 fois mieux que moi. Enfin, on a croisé des vedettes, des stars. On croise plein de gens dans des univers différents. Et donc ça m'a toujours intrigué et je me suis dit "Mais pourquoi j'en éécrirais pas un petit livre léger, sympa avec de l'humour et qui parle qui est un sujet universel et qui parlerait à tout le monde. Et en plus, ce qui est drôle, c'est qu'il est complètement à l'opposé de mon livre d'avance sur Ruban de Rêve qui était un livre un peu trash, un peu dur que j'ai adorécrire he je me suis éclaté et là je suis parti dans complètement autre chose. Et souvent d'ailleurs, c'est comme un film ou un livre on écrit, on réalise le liv le film ou le livre contre celui d'avant. Et je pense qu'il y a un peu de ça aussi.

3:46 Ce livre est une immense déclaration d'amour à une femme et aux femmes en général, il faut bien l'avouer. C'est un livre d'hétérosexuel, n'est-ce pas un peu ringar et fachaud aujourd'hui? Non, c'est vrai. Alors pour me marrer, parce que c'est la première interview que je donne pour le livre, j'ai relu le livre ce matin exprès pour me le remettre en tête parce que ce qui est très curieux, c'est qu'on oublie très vite ce qu'on fait. Moi, je j'oublie les livres que j'écris, j'oublie les films que je fais. et du coup c'est exactement ça, c'est un livre hétérosexuel d'un mec, bon moi j'ai 50 ans aujourd'hui d'un je suis plutôt aujourd'hui le l'homme à abattre dans notre société. Je suis hétérosexuel, je j'ai 50 ans donc je suis blanc. je suis pas devenu une star donc je suis un minable en fait vis-à-vis de la société. Mais c'est ça qui m'amusait. Et c'est vrai que je trouve que ce faux combat, les hommes contre les femmes, les femmes contre les hommes aujourd'hui que le gouvernement ou les médias essayent d'installer parce qu'ils adorent installer des des clivages pour que tout le monde se déteste et pendant que tout le monde se déteste, on s'occupe pas des vrais problèmes. Donc ça c'est très bien foutu. Moi, je veux pas rentrer là-dedans, ça ne m'intéresse pas. Mais c'est vrai que je j'aime énormément les femmes. J'ai beaucoup de respect pour les femmes. Il y a pas mal de femmes qui m'ont presque sauvé dans la vie. Quand je dis ça, c'est pas une bêtise, c'est sérieux. donc j'ai beaucoup de respect pour l'aspect féminin et en même temps pour les hommes, on est tellement différent que l'aspect féminin reste toujours quelque part un mystère dans ses réactions, dans sa façon de voir le monde, dans sa façon de materner.

5:25 dans nous les hommes, on est c'est ça qui est drôle, c'est qu'on reste quelque part, je trouve toujours des enfants. Et ce qui est drôle, c'est que moi à 50 ans, je me sens plus un enfant. J'essaie de retrouver mon âme d'enfant que quand j'en avais 30 ou 40. et j'ai trouvé que c'était un sujet important qui est en danger mine ne rien parce que avec l'installation de des minorités qu'on essaie de faire passer pour des majorités, bah moi je trouvais ça sympa qu'un homme de mon âge décide d'écrire sur les femmes et puis ça montre aussi le respect total que j'ai pour les femmes et que c'est des êtres que je trouve moi je trouve ça incroyable les femmes. Vous êtes un grand sentimental. Est-ce que ce n'est pas justement aussi un peu ringard dans cette société qui ridiculise les sentiments, ces sentiments qui féminisent ou qui dévirilisent dans cette société de consommation, société du jetable et société de la perversion au pouvoir?

6:29 C'est une vaste question. de toute façon, on est toujours un ringard comme quand je faisais le dîner de con avec Francis Weber, il on est il disait "On est toujours le con de quelqu'un, c'est totalement vrai." Donc faut enfin faut même pas se poser de questions. Et être artiste, c'est être un gare. Être artiste c'est être naïf. Être artiste, c'est croire que ce qu'on va dire, ce qu'on va faire va changer le monde ou va le modifier ou va participer à l'intérêt commun. Tout ça, c'est des conneries. moi je crois qu'il faut faire, faut pas se poser plus de questions. Tu as envie de raconter ça, tu as envie de faire ça, tu as envie de filmer ça, tu le fais. Et puis les gens l'aiment, les gens ne l'aiment pas, les gens te donnent des prix, te donnent pas de prix, tout ça c'est formidable, ça aide. Mais c'est pas ça le cœur du sujet. Le cœur du sujet, c'est de faire ce qu'on a envie de faire et d'être libre dans son propos et dans ce qu'on aime. Et moi, c'est ça ma question. à chaque fois je fais quelque chose parce que si tu commences à te poser la question est-ce comment untel va le recevoir? ah mais j'ai pas cette grande maison d'édition, ah mais je vais pas en vendre beaucoup. Ah mais je peux pas avoir le concours. Ah si tu te poses toutes ces conneries dans la tête, tu ne fais rien. Et ça et en fait tu te rends compte moi j'ai travaillé avec des grandes stars qui ont gagné beaucoup d'argent qui sont ultra connus. Bon mais ces gens-là tu te rends compte que c'est pas pour beaucoup c'est pas ça qui les motive. C'est pas ça qui les fait tenir. Ce qui les fait tenir, c'est de faire parce que c'est ça qui les excite. Il y en a, ils ont envie d'être meilleur de film en film. alors bien sûr que l'argent, que la renommée entre en compte quand tu es artiste. Parce que si tu n'as pas ça, bien sûr, c'est plus compliqué de trouver 10, 15, 20 millions de dollars pour faire un film. Quand tu es inconnu ou que tu as pas fait de succès, c'est sûr que quand tu vas aller financier, qu'aujourd'hui tout le monde parle de pognon, le premier truc qu'on dit, ils vont regarder tes chiffres, le tableau Excel et puis ils vont dire "Ah bah non, ça rentre pas là mon gars. Tu me demandes 15 millions, tu as fait tu as

8:20 fait 200000 entrées France, trois territoires à l'étranger, ça ça colle pas. Mais tant que tu es pas là-dedans, finalement ça n'a aucun intérêt. Il faut se concentrer sur ce que tu peux faire, ce que tu maîtrises de faire, ce que tu as envie de faire et puis le reste, tu le laisses vivre. Hm. D'ailleurs, en parlant de cette phrase qu'on a tous présente à l'esprit, on est tous effectivement le con de quelqu'un, vous me disiez il y a pas longtemps que vous rappeliez comme si c'était hier de cette scène sur le canapé entre Villry et Thiilermite quand c'est Villry qui dit en parlant du mec avec qui sa femme est partie que c'est vraiment un con. H et l'hermite le regarde d'une manière atérer parce que l'hermite pour lui le con c'est celui qui est sur le canapé à côté de lui. Vous souvenez bien du tournage de cette scène? Est-ce que c'était sérieux? Vous avez réussi à garder votre sérieux? Bah la scène, moi je me souviens la scène qu'on a tourné quand on lui dit juste le blanc c'est votre prénom. C'est juste cette scène là. Mais toute l'équipe était pliée de rire, plié de rire à la première prise. Et je crois que de tous les films que j'ai fait comme technicien, c'est la scène où on a le plus ri. je me souviens surtout de cette séquence. Alors, c'est curieux parce que j'avais tenu sur le parce qu'on parle du dîner de con, j'avais comme c'était mon premier longmétrage comme technicien, donc j'étais stagiaire moi pour ce stagiaire image, stagiaire mise en scène donc je m'occupais de Len Autovoli, le directeur photo, j'étais son assistant et je m'occupais de des retours vidéos de Francis Weber. Donc moi, j'ai et je faisais la doublure Thierry Hermite. Donc j'ai une école de cinéma extraordinaire et je remercierai jamais assez la Gomon pour m'avoir offert ça. C était un cadeau de la vie inestimable 9 millions d'entrées enfin c'était un film luxueux c'était le rêve

10:10 quoi. C'était en 97 c'était le rêve. Et du coup pour remercier l'équipe, j'ai écrit un journal de bord sur ce film qui a été publié 15 ans plus tard ou 20 ans plus tard, je sais plus. et du coup, je me suis replongé dans ces souvenirs. Et c'est vrai que c'est vrai que on a beaucoup rien entre Viller et l'ermite. Je trouvais que l'hermite avait du avait le sentiment de se battre contre lui-même. C'est je sens que l'exigence de Francis lui coûtait. et Villry bon bah c'est vrai que c'était dur pour Thierry parce que Villerry il je crois qu'il l'avait joué 900 fois au théâtre avant. Donc tuas un mec qui arrive, il est déjà chaud dans sa formule 1, puis toi qui monte dans le cockpit, bah tu es pas encore au point. Donc je peux comprendre cette difficulté là. Après, je trouve que tout le monde s'en est très bien sorti, que c'est une très bonne comédie.

11:05 moi, j'aime beaucoup le film et je suis très content d'avoir fait ce film. Merci la vie,. Pour démarrer, il y a pire. Ah, pour démarrer, il y a pire. Mais c'est compliqué de démarrer dans le luxe. Oui, il faut rester dans le luxe. Faut rester dans le luxe. Après, en parlant de luxe, vous êtes un grand amoureux des femmes et pas seulement celles qui impriment la pellicule. Est-ce que vous êtes déjà tombé amoureux d'une star? Jamais. Non, jamais. Non, non, je sais. J'ai pas le fantasme de la star et de la comédienne. J'ai pas du tout ça. H c'est Puis d'ailleurs, je me suis toujours dit sur les films que je faisait non, je te je touche pas aux comédiennes pour éviter un paquet d'emmerde. Elles sont pénibles. Non, ça m'est arrivé d'être Non qu'on me cherche un peu mais je suis je suis pas allé. Vous n'êtes pas un homme facile. Je sais pas.

12:01 Non, je crois pas. Mais non, mais je suis pas attirée par tout ça curieusement. Je dis pas que je tomberai jamais dans le piège. Attention, on est tous des êtres humains avec nos qualités, nos faiblesses. Mais j'ai jamais eu ce et c'est peut-être cette chance parce que j'ai travaillé tout de suite avec des vedettes et des stars que j'ai tout de suite démystifié le côté vedette et star et et c'est enfin c'est Guitri disait il disait ça ça rejoint ce qu'on dit, c'est Guitri disait "On n'est jamais un héros pour son majord d'homme." H et c'est vrai même dans sa vie de couple avec son conjoint et c'est vrai aussi quand on est technicien sur un film et qu'on est avec des stars, ces stars-là on voit leur mauvais côté, on voit leur leur complexité humaine parce que d'abord d'être comédien, c'est déjà une grande souffrance souvent à la base. Beaucoup de comédiens sont déjà des gens mal dans leur tête et dans leur peau. C'est pour ça qu'ils choisissent ce métier. Donc quand là-dessus on a le vétaria ou le star système qui se rajoute à ça mais c'est un paquet d'emmerde que les gens n'imaginent même pas. Donc après on a tout le jeu des médias, tous ces trucs, toutes ces conneries quoi qui font croire que la star estouchable parce que tout ça était installé pour faire du pognon. Donc une star on la vend donc c'est du marchandising qu'on fait mais et puis il faut vendre le film et puis il faut vendre les millions de dollars qu'on a investi et puis la star on va la faire tourner on va l'emmener après dans les circuits de formule 1, on va l'emmener sur les plateaux télé, on va l'emmener dans les stades de foot, faut la voir, faut qu'on la fasse briller.

13:35 Donc c'est dans les c'est les studios qu'on créé les stars pour faire venir justement les spectateurs dans les salles. Donc tout ça c'est au final une juste une question financière. Donc quand on travaille avec ces gens-là, bah c'est intéressant et frustrant parce que d'abord on est que un moment donné de la vie d'une star qu'on peut pas forcément comprendre sa vie. C'est-à-dire que moi j'ai fait quatre films avec de par Dieu. Gérard n'est pas le même de film en film parce que vous arrivez à un moment donné de sa vie, ça se trou il est sa vie c'est que des emmerdes. On connaît pas la vie des gens et on croit que parce qu'on a passé de tr mois avec on les connaît mais c'est absolument faux. On se tutoie tous, on s'appelle tous par notre prénom. C'est pas pour ça qu'on est copain, c'est pas pour ça qu'on est amis. Donc faut faire la grande différence. Et le problème des métiers artistiques, c'est qu'on joue beaucoup sur l'émotion. S'il y a pas d'émotion, on peut pas créer une œuvre. Ça c'est pas possible. Donc du coup, on est dans l'émotion, on est à fleur de peau, on s'aime ou on se déteste. Il y a des tournages qui se passent très bien, des tournages qui se passent très mal et tout ça. Et on fait croire qu'on est copain, qu'on est proche, qu'on est Et en fait quand le film se termine, tout se termine.

14:45 Et il faut être très solide pour accepter tout ça. Et pourquoi il y a des stars ou des vedettes qui ne quittent jamais les plateaux de tournage? Parce que vous vivez dans une bulle, parce que vous vz dans un autre monde, on vous vient vous chercher chez vous, on vous demande si vous avez mal au ventre, si vous avez mal au pieds, si vous portez bien, on vous amène un verre d'eau, vous donc on vous chuchote, on vous chuchote pas, on vous C'est marrant, on vous dorlotte, tu vois. Mais pourquoi on ne dorlotte? Parce qu'on s'en branle. Ta gueule en fait. Faut dire la vérité. C'est parce qu'il y a des assurances derrière qu'on a envie que tu sois bien, que tu arrives à l'heure parce que si tu arrives en retard, ça coûte temps à la production. Enfin, je veux dire, on revient toujours à un système d'efficacité et d'économie. Il faut pas se leurer, tu vois. Donc savoir si la star va bien, si elle a bien dormi, c'est parce qu'on a envie de savoir si elle va pas avoir des cernes. On va savoir donc comment la maquille, comment le mettant en scène va la prendre. Est-ce qu'il va en se disant tiens aujourd'hui il faut j'y aille avec des gants parce qu'elle a pas l'air en forme et je veux qu'elle sorte le meilleur d'elle-même pour ma journée parce que moi je cuite avec elle aujourd'hui ou tu vois. Donc tout ça est malheureusement est calculé. H et vous et sécurisé pour être calculé. Donc j'ai oublié un petit peu le début de la question mais donc bah c'est la fabrique du rêve en fait.

15:57 Vous n'êtes jamais tombé amoureux parce que vous avez vu très vite l'envers du décor. Oui. Puis je pense être suffisamment équilibré parce que c'est un métier qui adore le déséquilibre. Donc je pense être suffisamment équilibré pour avoir les pieds sur terre. Et malheureusement et heureusement, c'est un métier où il faut les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Parce que si on a que les pieds sur terre, on ne peut pas faire des grandes choses. Mais si on a que les la tête dans les nuages, on ne peut pas faire des grandes choses non plus. Regarde les grands cinéastes poussent, ils ont ces deux parts. Ils ont une part très ferme, très dure, très réaliste, ancré dans le réel parce qu'ils sont obligés pour faire avancer leur machine de guerre. Parce qu'un film à un certain niveau, c'est une machine de guerre. Quoi qu'on en dise, Ridle Scott, il fait des machines de guerre. Besson, il fait des machines de guerre, Spielberg, il fait des machines de guerre. Quand tu as 900 personnes ou 1500 personnes sur un tournage, tu peux pas être s'il te plaît, tu peux me passer le cube là, j'en ai besoin. Enfin, je veux dire, sans manquer d'irrespect aux gens, tu ne peux pas être là-dedans. Tu es dans autre chose. Tu es un général, tu vois, c'est une pression financière et il y a une pression financière monstrueuse sur les épaules de ces gars-là. Quand tu fais un film à 100 millions de dollars, 150 millions de dollars, mais je veux pas les je cherche pas à les défendre là, les dédouiner d'un comportement, mais tu peux mais Cameron quand il fait Titanic, il peut il peut pas être dans le même état d'esprit que quand tu fais le dîner de con. C'est pas possible. C'est c'est tu fais pas du tout la même chose.

17:31 Ça n'a rien à voir, tu vois. Donc du coup, c'est pour ça que et puis donc Ja, ils sont jug d'avoir les pieds sur terre et en même temps si tu es un artiste, il faut que tu sois fou, il faut que tu as une folie et cette folie, il faut qu'elle parte. Donc c'est toujours un jeu d'équilibre qui est pas toujours simple à trouver et je pense qu'il y a très peu de gens qui le trouvent. Il faut être un alchimiste. Ouais, c'est ça. Justement, on s'embarque à parler de cinéma, mais c'est le lien justement tout trouvé avec ce livre parce que cette œuvre très poétique, c'est comme un ensemble de tableaux qui se succèdent et on y voit un grand enfant qui se confie. Et c'est assez rare un homme hétérosexuel d'ailleurs qui se livre à ce point. C'est très intime. c'est rare un homme qui parle de sentiment, ça va toucher les femmes et les hommes, vous pensez c'est le but? Ah, j'adorerais que les gens aiment ce livre parce que effectivement Non mais dans tous les livres, tu te livres et dans tous les livres, tu inventes. Mais oui, moi j'adorerais parce que si tu veux sous un air naïf, je pense que le livre, je dis j'aime pas le terme dénonce, c'est pas ça mais dit plein de choses, il exprime plein de choses qui nous concernent toutes et tous sur la vie, la mort, la vieillesse, les enfants, même ceux qui n'ont pas d'enfant se posent des questions sur les enfants, c'est obligé, tu vois. C'est donc je trouve que oui, je parle de la féminité, je parle de la fidélité, je parle donc c'est vrai que c'est un livre un petit peu judéochrétien quelque part, on peut on peut dire ça, hétérosexuel. Donc je suis bien dans le moule de de voilà, je tombe dans le moule de tout ça, mais c'est amusant. C'est un

19:21 sujet amusant, tu vois, que je trouve comme je dis naïf, quand je dis naïf, c'est à la fois très léger et en même temps profond. Et c'est vrai que je Ouais, j'aime oui, j'ai essayé de rendre ça émouvant parce que je trouve que si on se livre pas un minimum en tant que artiste mais quel est l'intérêt? En fait, ça pas d'intérêt. Comment tu veux toucher les gens si tu te livres pas? Effectivement, j'ai vu des réactions dans des maisons d'édition qui me disaient "Ah, c'est trop personnel." Je dis "D'abord, est-ce que vous m'avez posé la question de savoir si c'était trop personnel?" Parce que ça se trouve, c'est pas trop personnel. Mais si vous le percevez comme ça, c'est que j'ai sûrement réussi quelque chose parce que vous m'avez pas appelé pour me dire "On se pense que c'est un livre trop personnel. Est-ce qu'il est trop personnel?" Non. Donc c'est marrant, vous jugez alors que vous ne savez même pas si c'est trop personnel. On pose pas la question.

20:17 Et moi je et c'est ça que je trouve amusant parce que c'est marrant quand tu es inconnu, on trouve que quand tu fais des choses trop personnel, elles ne doivent pas exister. Mais par contre quand tu es connu, quand tu fais des choses très personnelles, alors là tout le monde se les arrache, tout le monde les veut, tout le monde veut savoir ce que tu as acheté à la poubelle la veille en disant "Ah, c'est génial, il m'a mis dans son lit ce qu'il a acheté à la poubelle la veille, tu vois." Et c'est c'est là où on a un problème de quand même de perversité dans notre société qui n'est pas sain. Oui, on peut avoir quelque chose de très personnel qui reste universel. C'est le but totalement d'aller de l'un à l'autre. Mais on est tous reliés. On est tous identiques. H on est tous identiques. On a tous deux bras, deux jambes, un cerveau, une ou une chatte. Enfin non mais les l'être humain qui soit noir, arabe, blanc, ce que tu veux, on est tous pareil et on est tous sur la même planète avec les mêmes préoccupations. Avec les mêmes préoccupations. Et la seule chose qu'on sait de tous et toutes, c'est qu'on va crever.

21:16 Quand je croise quelqu'un dans la rue, je ne sais rien de lui. La seule chose que je sais, c'est qu'il va mourir. À part peut-être Laurent Alexandre. À part peut-être Laurent Alexandre. Ouais mais non mais c'est fou quoi, tu vois. C'est les combats sur le racisme, les toutes ces choses, mais je les comprends même pas parce que on est tous identiques, tous. Et par exemple, on est tous peut-être en proie à la peur, cette grande émotion qui est universelle. On en parle beaucoup depuis 5 ans notamment, je prends cette ce chiffre au hasard. Et il y a un chapitre assez touchant où vous confiez sur la peur de l'engagement et finalement est-ce que cette peur de l'engagement, elle est pas d à notamment à la figure pesante et attachante de la mère? non, je pense pas. c'est pas votre mère qui vient s'imisser dans vos histoires d'homme? Non.

22:17 Alors après, il y a des choses que j'ai un petit peu, tu vois, sur la belle-mère, sur la mer, j'ai un petit peu je me suis servi là de pas mal de de retours que j'ai eu de copains, copines et autres. Donc ça c'est amusant. Mais la peur de l'engagement oui, c'est vrai qu'il y a la peur de l'engagement mais pour tout le monde, on le voit, moi je le vois bien sur les jeunes aujourd'hui, tu le sens sur les jeunes qui a la peur de l'engagement, c'est des enfants. Donc je vois comment ils réagissent par rapport à nous, comment on réagissait. c'est mais justement il faut pas avoir peur. C'est le tout le but, il est là parce que la peur elle n'existe pas. Quand je dis ça, c'est je le pense sincèrement. C'est-à-dire que on passe notre temps à nous faire peur. C'est-à-dire que tout le plan médiatique, tout le plan politique tout le plan mondialiste, c'est de nous faire peur constamment. Attention là va y avoir ça dans 2 he tu le vois bien aujourd'hui tu as n'importe quel gros compte sur les réseaux sociaux ou dans les médias aujourd'hui. Tu annonces le 3è guerre mondiale là dans 2h. Non là c'est dans 2h. Puis dans 2h il va te l'annoncer dans 4h. Et tous les jours on t'annonce ça. C'estàdire que la peur elle est créée pour ne nous diviser. ta peur, elle est créée pour nous faire sauter le système mental et que tant que ton système mental il saute, tu te poses pas les bonnes questions sur ce qu'ils sont en train de faire les là au pouvoir en ce moment et autour de nous.

23:40 Donc et tout ça est orchestré, tout ça est mis en scène. On vit dans un film, ils ont créé un scénario, un récit qu'il ne maîtrise plus, fort heureusement. Et du coup, il continue de propager la peur et tant qu'on est tous dans la peur, on se rassemble pas, on n'est pas dans le collectif et on se crée des peurs. Donc la peur de la troisème guerre mondiale, la peur de l'invasion de des Russes, la peur de Donald Trump qui va tuer tout le monde, la peur du Covid qui va revenir, la peur de tel virus don ne sait même plus quelle lettre qui va débarquer, la peur de la disparition des entreprises, la peur de enfin, on peut en citer plein plein qui et pendant ce temps-là, eux, ils avancent. Quand je parlais de la peur de l'engagement, est-ce que elle est pas dus aussi à cette petite voix maternelle qui vous dit "Est-ce que tu es vraiment sûr que tu veux passer ta vie entière avec cette femme?"

24:37 La Bru concurrente quand même pour une mère. Alors moi je dis ça mais ma mère elle est absolument pas comme ça donc c'est marrant quoi. Mais non mais de toute façon ne maîtrise rien. On est là on essaie de faire les kékés. Tu vois autour de toi des gens dans la rue qui se tiennent comme ça. Moi je les vois là dans d'autres endroits que je croise. Les gens essayent de me paraître sûr d'eux. Je maîtrise. Mais tu maîtrises que dalle quoi. Tu sais même pas si dans 2 heures tu vas être encore vivant. tu vas tomber sur un trottoir d'une crise cardiaque. quand tu as des amis, tu sais pas s'ils vont pas te trahir le lendemain. Quand tu as une femme, tu sais pas si elle va pas disparaître de ta vie dans 2 jours. Tu on ne maîtrise que dalle. Donc faut arrêter d'essayer de jouer aux superhéros, aux gens qui qui s'arrachent la tête en se posant 150000 questions. Moi, je me pose des questions amusantes à travers mon livre parce que je suis enfin, j'essaie entre guillemets d'être un auteur, de m'amuser avec les mots, de m'amuser avec des images, de faire réfléchir en soit dans l'humour, soit dans mon livre d'avant en tapant dedans, tu vois, en y allant, tirant très fort, en disant "Allez, tu vois."

25:48 Donc moi le but du jeu, mon ma cour de récréation, elle est là. Mais il faut arrêter de se prendre au sérieux. On est dans un monde qui déjà va extrêmement mal où il se passe plein de choses pas drôles. Il y a beaucoup de gens qui souffrent, beaucoup de gens qui meurent dans des raisons épouvantables et inadmissibles. Faut redescendre sur terre les enfants là. Est-ce que vous allez offrir votre livre à votre belle-mère puisque vous dites à un moment donné qu'elle est une mine antipersonnelle sur laquelle il est préférable de ne jamais poser le pied? Spécial dédicace à madame la belle-mère. Non en plus elle doit venir bientôt pour une de mes dédicaces ma belle-mère. Non je Oui. Non mais je suis pas inquiet avec ma belle-mère. Je l'aime beaucoup en plus. Qui aime bien châtie bien. Ouais. Vous parlez à un moment donné de la cohabitation dans le couple sous le même toit. C'est compliqué comme en politique de cohabiter.

26:48 Alors moi j'ai aucun problème de cohabitation avec ma femme parce que j'ai une femme qui est extrêmement facile à vivre donc aucun problème. Elle est souvent absente. Elle est souvent absente aussi. Ça aide aussi. Donc elle fait beaucoup de tournages à l'étranger. Donc ça aide aussi. Non franchement tout ça c'est un amusement. Mais oui, non mais de toute façon, une vie de couple, c'est comme une vie avec soi-même, c'est pas simple parce que d'abord, on n'est pas le même à 20, à 30, à 40, à 50 comme on le sait. on n'est pas le même vis-à-vis des situations, c'est-à-dire qu'on a notre petite histoire dans la grande histoire. Donc du coup, la grande histoire influe quand même beaucoup sur nos petites histoires. Donc oui, tout ça et est et je constate quand même que il y a quand même pas beaucoup d'amour entre les gens. Je constate quand même que il y a quand même de plus en plus de divorce, il y a de plus en plus de séparation, il y a de moins en moins l'effort d'essayer d'affronter la vie à deux. peut-être est-ce facilité des divorces? Donc du coup tout le monde part dans tous les sens beaucoup plus facilement qu'avant. je ne sais pas c'est une question que je me pose.

27:59 je me rends compte. Ouais, je pense que le problème du monde actuel, c'est son manque d'amour, son manque d'empathie. D'ailleurs, on l'a vu sur les cinq dernières années. on a laissé crever les vieux dans une indifférence absolue. beaucoup d'artistes, d'intellectuels, de médecins se sont comportés franchement, je sais même pas comment ils arrivent à se regarder dans le miroir le matin. de ne pas soigner des gens, c'est quand même dingue. On a jamais vu ça. Ce qui se passe dans les pays à l'étranger, des gens qui meurent tous les jours dans une indifférence absolue, c'est absolument dingue. Donc alors bien sûr que ce manque d'amour est créé comme d'habitude est voulu. C'est-à-dire que comme d'hab on fait peur, on sépare, on divise et les gens s'aiment pas. Mais il va falloir qu'on change parce que ça va pas du tout quoi. Et cette petite chose là, c'est quelques pages que j'ai écrites qui participent à l'amour, qui participe à essayer de se poser des questions, de se dire tiens, qui je suis aujourd'hui? Qu'est-ce que je fais moi pour les autres? Qu'est-ce que je fais pour moi? Qu'est-ce que je fais dans ma vie de tous les jours pour rendre la vie des autres plus agréable? Je pense que c'est des petites actions comme ça, faut pas chercher à changer le monde. On le changera pas le monde. Mais c'est des petites actions comme ça qui font que déjà on réfléchit sur soi-même et déjà de réfléchir sur soi-même te permet d'avancer et de et dans la vie de tous les jours d'essayer d'être quelqu'un de meilleur en tout cas au niveau de ton entourage. Et moi je pense vraiment, c'est coin dire mais faut que les gens reviennent à s'aimer.

29:31 Non mais vraiment c'est c'est complètement ringard de dire ça en 2025. C'est complètement stupide. Mais les gens ne s'aiment pas. Mais les gens ne s'aiment pas parce qu'ils s'aiment pas eux-mêmes. C'est surtout ça. On leur a dit qu'il fallait pas que tu t'aimes. On leur dit tous les jours qu'il faut pas que tu t'aimes. On leur dit qu'ils sont surnuméraires sur la terre. Exactement. On leur dit "Tu es surnuméraire, tu coûtes cher à l'État, tu Non mais sans déconner, mais arrêtez quoi. Changez votre disque dur." Il y a un chapitre consacré à la tentation. La tentation, la meilleure manière d'y résister, c'est d'y céder. Question pour la gratter. Non, elle est bien cette question. Moi, j'aime bien les questions pour la gratter. Je l'adore. Alors la veux? non, moi j'ai pas céat. Je suis assez fière de ça. Oui, surtout que dans le cinéma les tentations sont nombreuses. Non, je suis je suis vraiment le mec à abattre parce que ouais 25 ans de vie commune, j'ai pas j'ai réussi à pas trahir ma femme et je le dis avec grande sincérité. Ça mérite une légende d'honneur. Ah ouais, j'espère je vais l'avoir plus mérité que celle de Marlène. Ah oui ou Marlè.

30:41 Ouais. Parlons-en de Marlè. Non mais ouais. Non mais après chaque cas est différent, chaque cas est unique, chaque vie est différente. Donc moi j'essaie de pas juger les gens. C'est on est c'est tellement dur d'être un homme quand je dis avec un grand H. C'est tellement dur de tous les jours de s'affronter, de d'être face à soi, de se voir avec ses défauts, ses qualités, de voir ce qu'on a réussi, ce qu'on a pas réussi, de voir la pression extérieure alors que tu dois juste être bien avec toi-même et que la pression extérieure, tu en as franchement rien àer, tu vois, de faire abstraction de tout ça. Donc et puis d'être avec quelqu'un qui arrive déjà à te supporter, quelqu'un qui arrive à comprendre tes tes joies, tes peines. Parce qu'on n'est pas linéaire, c'est pas vrai. On est tous en dans si. Il y a des jours on se sent bien, il y a des jours on se sent pas bien. Et je trouve que c'est déjà un miracle quand tu arrives à te respecter, que ça se passe bien dans une vie de couple et puis même si demain tu te sépares, est-ce que c'est grave?

31:46 Franchement, est-ce que on n pas justement des bouts de chemin à faire ensemble? Est-ce que justement quand tu crois au monde invisible, tu te dis pas tiens, j'ai ça à finir avec cette personne là pendant un temps donné. Tiens, j'ai tel enfant que je dois faire avec Tu vois, c'est l'histoire des enfants est fascinante aussi. Comment tu peux dire tiens, je vais faire un enfant avec cette personne et tu as ce petit machin qui arrive, tu le nourris, tu le vois grandir à côté de toi, quoi. Tu juste tu le nourris, quoi. On va en parler effectivement. avant d'arriver à l'enfant, je vais juste faire un détour par la féminité et ces signes extérieurs qui vous bouleversent au plus haut point. Vous dites que c'est un arsenal mise au point pour affronter ce monde dominé par la jambe masculine. It's men man men's world. ça dépend, ça dépend comment c'est vu, ça dépend comment c'est perçu. Moi je dis dans le bouquin, si ma mémoire est bonne que la féminité peut-être une chose extraordinaire et qu'il y a des femmes qui ont pas trouvé autre chose pour affronter le monde que de se défendre avec leur propre féminité, les atouts, leurs atouts.

32:56 Donc et ça pareil, on ne peut pas le juger, on ne peut pas le comprendre. Quand tu viens d'un pays où tu as rien ou tu viens d'une famille où c'est la misère ou et puis d'un coup tu es une belle nana et puis que tu te dis bah ma seule arme c'est de me mettre en valeur et tu peux pas on peut pas comprendre en fait tant qu'on ne vit pas toutes ces situations. C'est pour ça que j'en parle un petit peu dans la féminité. Après, moi je suis fasciné par les femmes dans de je sais pas si Dieu existe, mais d'avoir fait une aussi belle chose. Les fans sont magnifiques. Enfin vraiment, moi je le pense, je vois dans là, c'est le printemps, c'est l' enfin c'est l'été maintenant, tu vois les femmes en robe dans une belle robe dans la rue, mais c'est extraordinaire. Et là aussi, je trouve qu'on est on a un problème. Moi, je vois la détérioration. H je suis photographe aussi pour le plaisir. Je suis amateur. Je suis pas professionnel. je vois la dégradation dans la ville, dans la vie tous les jours en France. Les gens s'habillent de plus en plus mal. Les gens se tiennent de plus en plus mal. On avait pas ça avant.

33:58 C'est pas vrai. Donc c'est sympa les joggings,. C'est sympa les hugs l'hiver quand tu as froid au pied, mais quand tu vois une nana en jogging avec des hugs, avec des faux ongles, c'est enfin moi ça en tant que mec, on va dire hétérosexuel, tiens, parce queon adore préciser aujourd'hui sa sexualité alors que tout le monde en a rien à cirer, bah moi ça me manque et quand je vois une belle femme dans des avec des belles chaussures, une belle robe et je trouve ça extraordinaire. Je trouve ça extraordinaire vraiment. Mais il y a pas de je là je parle pas de sexe, je parle pas de d'attirance physique, je parle juste de beauté, de de classe, d'élégance, de par exemple moi mon actrice pérée qui a absolument pas du tout mon style féminin en tant que Tom, c'est Audre et Burn. Mais quand tu vois Audre Burn, mais c'est la grâce. C'est la grâce.

34:54 D'ailleurs, en tant que cinéaste et photographe, vous êtes très attaché forcément au langage du corps. Totalement. Mais totalement. Mais moi, moi je suis hyper heureux quand je vois l'autre jour, j'ai vu sur les réseaux une vidéo formidable d'une fille qui avait mis une belle robe et un beau chapeau et qui s'est fait filmer de dos marchant dans plusieurs villes de France. Et tu regardes le regard des gens sur elle. C'est ça qui est intéressant. Mais surtout ce qui est encore plus flagrant, c'est quand tu regardes comment les gens sont habillés à côté d'elle et là tu prends peur et là tu dis "Putain mais qu'est-ce qui se passe en France quoi? Qu'est-ce qui nous arrive? On perd tout. C'est parlant. C'est totalement parlant. Il faut que tout le monde se secoue là, que tout le monde se réveille quoi. Parce que on le voit bien qu'il y a une dégradation dans les villes physiques. On le voit bien. Il y a des plots, il y a des bâches, il y a des travaux pas finis, des pistautières dégueulasses, même pas belles, les poubelles qui nous ont remplacé qui sont moches. Mais tout ça est voulu. Tu pour nous faire baigner dans le lait. Le lait est devenu à la mode. Et je le écris un poème là-dessus justement, je me suis lancé un peu dans les poèmes, je sais pas ce que ça va donner.

36:03 J'ai écrit un poème là-dessus parce que moi quand je fais des photos dans les villes, je le vois visuellement cette dégradation et comme je fais des photos argentique, je peux pas les retoucher et je vois bien que il y a toujours une merde dans l'image. Toujours il y a des panneaux de signalisation partout et il y en a tellement tu arrives même plus à les lire. Tu les vois même plus et on le voit dans tout. Les gens sont de plus en plus gros. Donc on peut en parler du sûr de toute cette malbouffe, de toute cette qui est voulu aussi qui est installé pour que tu tombes malade pour que tu Donc on le voit bien. Donc il va falloir vraiment que tout le monde se ressaisisse quoi. Mes parents étaient ils m'ont raconté ils étaient en Italie il y a pas longtemps. Ma mère m'a dit "Mais tu verrais les gens comme ils sont sapés les c'est agréable." Et je te parle même pas de pognon. Je te parle juste d'envie de désir d'avoir envie de montrer une belle image de toi, d'avoir envie d'être quelqu'un tu vois. Mais quelqu'un c'est pas l'ego, c'est juste de te dire je suis content de de d'être bien habillé, de faire attention à moi, de prendre soin de moi. Et en France, je constate qu'il y a de plus en plus de gens qui ne font pas attention à eux, qui prennent pas soin d'eux et qui ne s'aiment pas parce que tout le système mis en place fait en sorte que les gens se détestent et tout est lié. C'est un puzzle. Faut regarder chaque pièce de ce puzzle.

37:19 Pour en revenir à l'enfant, vous dites en quelque sorte que la paternité, c'est une révélation, une révélation épuisante et puis tyrannique puisque l'enfant nous veut performant, parfait, invincible. Vous conseilleriez de faire encore des enfants dans ce monde effrayant? Ah, moi je suis le parfait exemple parce que je ne voulais absolument pas d'enfant. H alors là, moi c'était hors de question. J'ai eu une enfance très difficile, très compliquée, pas drôle du tout. J'ai dû être adulte et pas enfant. Donc ça m'a beaucoup manqué l'enfance. C'est pour ça que je redeviens un enfant. Mais je suis très heureux de redevenir un enfant quelque part. Je joue avec mes enfants, je joue avec mes petits jou, je m'achète des jouis. Mes pixis. Non. Voilà. Donc du coup, je suis le bon exemple et ma femme m'a poussé à avoir des enfants. Ma femme m'a vraiment, elle a été très patiente, courageuse et moi je suis un peu un diesel au niveau professionnel, je suis un bélier. Au niveau sentimental, je suis un diesel.

38:18 Et vraiment, elle a été elle a été formidable de ce côté-là. Et je dois dire que en plus moi je me suis beaucoup occupé de mes enfants petits, donc je me suis retrouvé souvent seule avec eux et j'ai et en fait j'ai adoré ça. C'est dur faut dire la vérité, c'est dur, on en chie. c'est un cass-tête mais c'est mais non mais il faut faire des enfants. Faut faire des enfants parce que d'abord je pense qu'il faut absolument faire son possible pour croire en l'homme, croire en l'avenir. Moi, je suis persuadé qu'on a un moment présent extrêmement compliqué. Je ne sais pas jusqu'où il va descendre mais c'est sûr qu'il descend. Mais je suis extrêmement positif sur l'avenir. Je pense que l'avenir va être à Dieu et exceptionnel mais que le moment présent il va être il on le vit depuis quelques années quand même déjà. il est pas drôle du tout. Mais c'est un passage obligatoire. C'est un passage qu'on doit vivre parce que c'est un passage qui est là pour nous faire grandir, nous faire comprendre plein de choses et nous rapprocher les uns les autres et nous dire que on n pas le choix, on est obligé de passer par ça. À un moment, j'ai cru qu'on allait pouvoir y échapper et je vois bien que non, on doit le vivre.

39:24 Donc on va tous le vivre. Et faire des enfants pour moi, c'est c'est merveilleux parce que en plus moi j'ai des enfants mais franchement je dis pas ça parce que c'est mes gosses, ils sont super. Ouais, mais vraiment, j'ai deux gosses vraiment incroyables. je les adore. j'adore passer du temps avec eux. ils te bousculent et c'est bien d'être bousculé franchement. ils écoutent de la musique de merde que je déteste mais en même temps, bah voilà, on en discute. Je découvre des trucs, je me dis ils écoutent ça, c'est pas possible. Mais bon, on est tous pareil. J'étais enfant aussi. Non, je crois beaucoup dans les enfants. C'est pour ça aussi j'ai fait ce film pendant la crise sanitaire. gracieusement et que j'ai mis à disposition sur YouTube et CR BER pour les gens qui s'appellent Y a-t-il encore un adulte sur cette planète où j'ai je suis allé filmer tout seul des enfants de 6 ans à 23 ans donc je voulais avoir leur avis sur la crise sanitaire que eux s'expriment librement par rapport à tout ça ce que ressentaient et ils m'ont beaucoup appris. J'ai adoré faire cette expérience, être avec eux et puis je me rends compte là quand j'écrivais le dossier de mon nouveau documentaire, je me rends compte que tout ce que j'ai fait dans mes films est lié à l'enfance et j'en étais pas du tout conscient avant vraiment. Donc c'est très drôle quoi. Je me dis tiens bah finalement moi qui ne voulais pas d'enfant quand j'étais jeune j'aimais pas les enfants. Ça m'intéressait absolument pas.

40:50 Alors, est-ce que c'est parce que je me prenais pour un adulte et donc les enfants, je les avais écartés? Je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui je m'éclate de les entendre, de les voir. On n'est pas d'accord, on est d'accord. Leur réflexion, mon fils, il me sort des trucs mais je suis plié de rire. Je me dis mais c'est dingue quoi de sortir des trucs comme ça aussi jeune. Donc ça m'amuse et mais bien sûr, il faut faire des enfants, faut pas les écouter tous ces connards là. H vous leur offrez cette enfance que vous n'avez pas eu finalement dans une forme de résilience. Ah, je sais pas du tout parce que déjà non, je m'interroge beaucoup justement par rapport à l'éducation parce qu'effectivement quand on voit vers quoi on nous pousse, bah mon éducation les pousse pas vraiment vers ça. Donc du coup, je ne sais pas si j'ai raison ou tort. En tout cas, je le fais avec ce que je ressens. Il faut toujours faire les choses avec ce qu'on ressent. La seule moi la seule base dans ma vie c'est l'intuition. Tout le reste ne m'intéresse pas. Intellectualiser côté les autres. Et c'est ce que j'essaie d'apprendre à mes enfants. Suivez uniquement votre intuition. L'homme est animal à la base. Il a son intuition, c'est la meilleure chose qu'il a en lui.

41:59 Et même si tu te trompes, c'est absolument pas grave parce que tu as suivi ton instinct à toi. Ne jamais écouter la masse, ne jamais écouter les autres, jamais. Donc je leur apprends ça à mes enfants. Donc est-ce que je leur apporte la bonne éducation? J'en ai aucune idée parce que chaque enfant est différent, chaque époque est différente. Je faut s'adapter. On sait pas. Donc on fait au mieux comme pour le reste, on fait comme on peut. moi je vois qui ma seule finalement mon seul gouvernail, c'est je vois qu'ils ont l'air heureux. Donc s'ils ont déjà c'est qu'ils sont plutôt dans la bonne voie. C'est qu'on leur amène ce qu'il faut. Après, est-ce qu'on les éduque trop dans le luxe? Est-ce qu'on les éduque dans J'en sais rien. Écoute, on habite Paris, on est dans une grande ville, on les éduque comme on peut au milieu de cette grande ville. On essaie de les emmener au musée, aux expos, à la culture, au cinéma. Ils ont cette chance d'avoir accès à ça. Donc du coup, ils ont pas trop le droit de se plaindre parce que plein d'enfants n'ont pas accès à tout ça. Ils font du sport, ils ont un réseau social d'amis dingue. Ma fille, elle connaît tout Paris. Enfin, je suis même épaté moi à cet âge-là parce que moi j'étais plutôt timide, introverti et que j'avais pas beaucoup de copains. Donc je sens que tout ça est extrêmement positif. Après on n pas les clés tu on fait comme on peut.

43:19 Dans certains chapitres, vous parlez de la confiance et donc de la fidélité qui sont pour vous en quelque sorte une offrande dans l'empire du mensonge et de la trahison. On peut dire ça comme ça. Ouais, on peut dire ça comme ça. C'est vrai que c'est vrai que on est dans une société où la confiance se gagne en goutte et se perd en litre. Et moi je suis, tu vois le truc qui me ces derniers temps, le truc auquel je pense, la chose auquelle je laquelle je pense le plus. Je n'imaginais pas à mon âge, je pensais que tous les adultes, la plupart des adultes quand j'étais jeune étaient formidable, cultivé, intelligent, qui arrivait à vivre en collectivité, que ça se passait plutôt bien, protecteur. Ouais, je ressentais ça. Et là, 50 ans, mais c'est un puzzle géant, quoi. C'est-à-dire que là, les cinq dernières années nous ont montré l'horreur de beaucoup d'êtres humains.

44:23 c'est incroyable. Enfin, moi j'en reviens pas quoi. J'en reviens pas. Énorme déception au niveau humain. C'est une énorme déception. Donc, j'essaie de lutter contre ça, ce qui est pas toujours évident. il y a des périodes, je le vis mieux que qu'à d'autres, mais c'est vrai que non, c'est une énorme déception. Donc la confiance justement je trouve que tous les gens qui ont suivi leur intuition là je ne parle même pas d'intelligence ou de culture ou de savoir ou de bagage. Tous les gens qui ont suivi leur intuition, pour moi, ils ont énormément d'estime parce que ces gens-là ont réussi à avoir cette force intérieure de lutter contre une pression sociale fabuleuse. L'ingénierie sociale que nous vivons depuis de nombreuses décennies qui s'accentuent. Et je trouve que ces gens-là, moi je leur apporte toute mon estime parce que ils ont J'ai j'ai moi je parle avec toutes les couches de la population.

45:25 Quand je parlais avec les chauffeurs de taxi, les facteurs, les Je suis croisé des minis, j'ai cette chance inouie dans la vie d'avoir grâce à mes à mon métier de pouvoir accès à avoir une un éventail humain de la population formidable. mais je beaucoup d'estime pour tous ces gens qui arrivent à trouver cette force de garder cette force en eux et de suivre leur intuition et de dire non, je le sens pas, j'y vais pas, je le fais pas. Et après la confiance, bah la confiance, ouais, c'est dur là. Ouais, je pense que les dégâts qu'ils ont fait, on va mettre beaucoup de temps à retrouver une va venir, c'est sûr, mais ça va mettre du temps à revenir dans une société où on arrive à être en paix et en harmonie. Hm. Les derniers chapitres font appel à une figure de style très belle qui est la personnification.

46:21 Vous personnifiez la vieillesse, la vérité, la vie et la mort et la solitude. Et la solitude, exactement que j'allais oublier. N'oublions pas la solitude qui peut être une compagne ou une ennemie, ça dépend. Pourquoi cette figure de style? C'est très poétique. C'est surtout pour ça. À quelle? Bah la personnification, c'était la plus belle manière d'en parler peut-être parce que là on a plusieurs sujets dans le sujet. j'ai absolument pas peur de la mort. La meur ne la mort ne me pose pas de problème vraiment. La solitude m'en pose plus parce que la solitude à la fois je la vis bien, à la fois je la vis mal. je me sens quelqu'un de très seul même si je suis très entouré. parce que je pense qu'on est tous seuls, même si on est tous très entourés. Et moi, je suis pas une personne qui a beaucoup d'amis, des potes partout, qui c'est c'est pas ma mentalité et j'ai si tu veux mon parcours de vie a toujours été j'ai toujours été un homme seul durant toute ma vie. dans ma construction, dans quand j'étais petit, je parlais peu, je regardais mais je parlais pas. Donc tout le monde se demandait pas des problèmes parce que je parlais pas. Mais j'observais tout. C'est pour ça que j'adore finalement être derrière une caméra ou derrière un appareil photo et derrière un clavier. Et c'est vraiment les mes trois passions. Et non, c'est et la solitude. tu moi j'ai une femme formidable, j'ai des enfants super, j'ai des parents géniaux, j'ai je suis très bien entourée. Je côtoie plein de gens que j'adore parler avec eux.

48:06 Mais tu peux pas, c'est quelque chose que tu comme je dis dans le livre que tu peux pas enlever parce que c'est quelque chose avec toi-même. Et je trouve que tout je ouais moi je ressens que tout le monde est seul. Hm. Dans au milieu de ce collectif. Et un tournage de film, c'est exactement la même chose. C'està dire que tu es au milieu des gens, tu es dans un groupe, c'est une entité. Donc c'est un microcos dans le macrocos mais tu restes seul. Et un comédien, je te dis ça parce que tu es comédienne, un comédien c'est encore pire pour eux parce queils doivent dégager ça auprès de tout le monde. Ils doivent montrer qu' que Mais ton inquiétude avec ton rôle, ton inquiétude avec toi-même parce que qu'on raconte pas de salade, même la plus grande star mondiale quand elle arrive sur le plateau, elle a peur. La plus grande star mondiale, elle c'est pire parce qu'en plus comme elle a pris 20 millions de dollars, il faut qu'elle rembourse son invest, il faut qu'elle soit rentable. Donc il faut que sa responsabilité, c'est elle qui sait qu'il va falloir faire des millions d'entrées derrière pour que le studio qui a misé sur elle ou la plateforme récupère son investissement. Donc il y a cette pression en plus qui est qui est qui est forte et c'est pour ça qu'on voit aussi beaucoup de comportements étranges dans l'alcoolisme, la drogue, les médicaments, le pétage de plomb, enfin ça peut se justifier, ça peut se comprendre.

49:25 Donc oui, la solitude est quelque chose de particulier. La vieillesse. Et la vieillesse c'est pour moi c'est la sagesse. La vieillesse c'est apprendre à voir son corps se décomposer, voir son corps s'abîmer et mais je pense que moi je pense que la vie est extrêmement bien faite. Je pense vraiment que la vie est extrêmement bien faite et j'y pensais en écrivant ce livre par rapport aux enfants, comment ils grandissent, comment la vie se fait et tout. Et je pense que on pourrait pas faire autrement. Si on tu imagines si on connaissait la l'heure de notre mort, on pourrait pas vivre. Si la réincarnation existe, si on se souvenait de toutes nos autres nos vies précédentes, on pourrait pas vivre. Si on savait qu'un tel que tu croises, tu l'as croisé dans une autre vie il y a 500 ans et qu'il a tué tes enfants ou tes parents, je te raconte n'importe quoi, mais je te donne un exemple. Tu pourrais pas vivre à côté de lui aujourd'hui, comment tu ferais? et je trouve que et l'évolution et la dégradation du corps physique est très intéressante parce que oui, c'est pas marrant de se regarder dans la glass, c'est de se voir vieillir, les cheveux blancs, le machin, les trucs les bien sûr. Mais je pense qu'au moment où tu vas arriver à la mort de ça te prépare la vieillesse quelque part à à bien vivre la mort quelque part. Je dis pas que tout le monde y arrive et je dis pas que c'est ce que je dis est parole d'Évangile. Pas du tout. Je dis juste que j'ai le sentiment que cette préparation physique de dégradation te prépare déjà à accepter à passer à autre chose.

51:03 C'est-à-dire que mentalement, tu dois te dire ou spirituellement comment je peux combattre tout ça? Comment je peux c'est même pas le terme combattre parce que c'est pas combattre mais c'est comment je peux vieillir parce qu'on parle de vieillesse j'ai pas d'autres mots qui me viennent à l'esprit mais comment je peux me préparer à passer dans l'autre monde ou alors s'il y a pas d'autres monde à périr. Et je trouve que tout ça est assez bien ordonné, mais j'ai du mal à l'exprimer parce que c'est beaucoup plus complexe et je pense que c'est très personnel d'un individu à un autre. Mais quand je vois toutes ces femmes là ou même ces hommes qui se tirent la peau, qui se refont les seins, qui se refont le cul, qui se refont, je suis malheureux pour eux, je suis triste pour eux parce que je pense alors à part moi, si tu as eu un accident, que tu as 25 ans et que tu as besoin de faire, on parle pas de la même chose. Mais je m'interroge, je me dis mais qu'est-ce qu'il y a dans leur tête? Qu'est-ce qu'il vivent dans leur tête pour croire que ça va arrêter le reste? Quelle souffrance ils ont en eux? C'est le système qui les broit. Je sais pas mais je surtout que malheureusement les 3/4 ça leur réussit pas du tout. Ça aggrave la situation tu vois. Donc je je Ouais m'interroge beaucoup. Je je sa il faut pas oublier. Je pense que ma philosophie de la vie si on peut dire ça comme ça, je pense que chaque être humain se bat contre quelque chose.

52:45 C'est pour ça que faut essayer d'être gentil. C'est pour ça qu'il faut essayer de comprendre l'autre. Je dis pas qu'on y arrive et je te dis pas que j'y arrive. Attention, loin de là parce que c'est facile de donner des leçons. Mais je donne de leçons à personne. J'essaie juste de d'interpréter le monde. Tu vois, vous êtes plus indulgent aujourd'hui à 50 ans qu'à 25. Je sur certaines choses, je pense que oui, sur d'autres peut-être pas. Parce que il y a aussi avec la dérive sociétale qu'on vit, si tu n'as pas une force intérieure et développée, tu peux pas lutter, tu vois. Donc il faut lutter parce qu'on est obligé de lutter aujourd'hui. Donc et vous êtes plus indulgent avec ceux qui n'ont pas forcément cette force intérieure. Écoute oui et non parce que on est dans une société qui a aussi installé la victimisation. Donc tout le monde est victime de quelque chose. Alors ça c'est la grande mode. Ne m'attaque pas, je suis victime de ça. Tout le monde se cache derrière.

53:40 Je suis homosexuel, tu ne peux pas m'attaquer. Je suis juif, tu n'as pas le droit de m'attaquer. Je suis noir, tu n'as pas le droit de m'attaquer. Je suis handicapé physique, tu n'as pas le droit de m'attaquer. Je suis handicapé mental, tu n'as pas le droit de m'attaquer. Enfin, on peut citer. Et aujourd'hui, on est dans une société encore une fois, où on a installé la victimisation pour ne pas attaquer, pour ne pas dire "Moi, j'ai le droit de dire que lui c'est un con si je le pense vraiment." C'est pas parce qu'il est blanc, qu'il est noir, qu'il est juif. J'ai pas pourquoi j'aurais pas le droit de dire qu'il est con si je le pense? Pourquoi? Parce que on me aujourd'hui on me dit je n'ai pas le droit d'attaquer tout ça. Je n'ai pas le droit de m'exprimer. Je n'ai pas le droit de dire verbalement ce que je ressens. Je dis pas que j'ai forcément raison. Je dis juste simplement que c'est mon raisonnement à moi. Et je ne cherche pas à l'imposer. Je cherche simplement à vous dire "Moi, je pense ça, j'ai le droit de le penser parce que j'essaie de respecter l'autre dans ce qu'il pense." Donc en fait cette culpabilisation participe de la division Totalement. Et de la défiance. Totalement. Hm.

54:38 C'est une pièce du puzzle. H c'est une pièce du puzzle. pour en revenir à cette personnification finalement de la vieillesse, la solitude et cetera, c'est une manière pour vous en tant que qu'auteur de leur parler comme le poète qui parlait à sa douleur et qui disait "Sois calme, haut ma douleur." Totalement. C'est une façon de les apposer. Ouais, tout à fait. Ouais, c'est beau. C'est joli comme remarque. Bravo. Non, c'est chouette. Ouais. Ouais, c'est ça. C'est Vous êtes amoureux de la poésie aussi? Je suis amoureux de la poésie mais c'est marrant parce que là je viens d'écrire un livre de poème. Je me suis jamais confronté à ça et bon c'est de la poésie à la Bukovski, c'est de la poésie à la Fanté, c'est de la poésie à la Kerwak, c'est pas de la poésie à la Verline. Donc je sais pas du tout comment ça peut être perçu. Mais il faut aussi que de temps en temps les gens, les artistes, les intellectuels, les bah qu'on qu'on remu le cootier aussi, on peut tu vois. Bon là, j'ai fait un livre plutôt gentil, sincère, mignon, je le vois comme quelque chose. C'est une petite bulle de champagne tu vois c'est léger. Mais mon livre d'avant, il tapait dedans quoi. Il tapait dans le système, il mordait dans l'os. Il y avait de la colère, tu vois. Il y avait de la mais parce que je voulais faire réagir. C'est ça qui m'intéressait. Là, il y a de l'amour. Il y a beaucoup d'amour dans ce livre. Oui, c'est vrai.

56:05 je voulais dire autre chose mais c'est parti. avant de conclure, je pense que quand tu t'exprimes, tu as une responsabilité. Oui. Quand tu as la chance, j'ai la chance d'être édité. J'ai une responsabilité. quel que quel que soi les ventes, quel que soit l'éditeur, quel que soit le le ce que ça fait derrière, moi je me souviens très bien une fois, il y avait ma femme a fait un film avec Abel Ferrara et Abel Ferrara avait dit dans une interview si un spectateur a vu mon film et que ça changé sa vie, ça valait le coup de le faire. Et moi, je suis entièrement d'accord avec ça. Moi, c'est un film qui a changé ma vie. C'est un film qui m'a sauvé de la noyade et c'est véridique. C'est le grand bleu. Le grand bleu m'a sauvé la vie. Je lui ai dit à Luc d'ailleurs quand j'ai fait jeune d'arc avec lui, je lui ai dit je le film m'a sauvé la vie. De quelle façon? Bah parce que du c'est c'est tu sais c'est comme une clé de contact. Tu mets dans le moteur d'une bagnole, tu tournes et ça démarre. Et moi c'est ce que F ce film a fait. Alors, ça aurait pu être autre chose. Pour certains, c'est autre chose. C'est un livre, c'est puis moi, ça aurait pu être un autre film. À l'époque, je vivais sur un voilier, je faisais de la plongée. Je vivais qu'avec des marins. J'étais dans le grand bleu, c'était ma vie. Je vivais sur un bateau dans le port de la Rochelle avec ses joies et ses peines. Et d'un coup, je vois et Jean Marcbard, c'était moi, je parlais pas. Je parlais pas. Jacques Mayol, c'était moi, je parlais pas.

57:39 Cô après, j'ai rencontré Jean-Marc plus tard, on avait un projet ensemble. Malheureusement, ça s'est pas fait mais c'était voilà et du coup ça m'a parlé à un moment clé de mon existence. Ça arrivait comme ça un cadeau du ciel et qui un déclic on off mais vraiment du jour au lendemain. Ma vie a changé, tout a changé. Une envie de cinéma? Pas du tout. Au départ c'était pas du tout une envie de cinéma. Au départ, c'était une envie de je me suis dit "Ça y est, j'ai trouvé une un chemin qui va m'emmener vers la construction de mon chemin personnel et je suis arrivé au cinéma." Mais c'est pas arrivé tout de suite le cinéma, c'est arrivé bien après. Ça mis quelques je crois 2 3 ans avant de me dire "Mais oui, mais en fait c'est ça parce que le cinéma regroupait finalement tout ce que j'aime. La photo, l'écriture, la lumière. le maquillage, le les costumes, j'aime l'art, j'aime tout ça pour moi. Moi, c'est l'art qui pour moi me me tient dans la vie. J'aime énormément beaucoup d'artistes et même beaucoup d'artistes que j'aime, je préfère même pas les rencontrer, tu vois. Même beaucoup de gens que j'admérais, j'aurais préféré ne pas les rencontrer. Bon, je les ai rencontré donc voilà. Et du coup encore une fois, j'ai plus qué la question parce que je pars toujours dans des dans des idées pas possibles. On est parti sur bah le grand bleu final.

59:04 Voilà. Donc tu vois et du coup je moi je avec mes enfants, je rêve qu'ils aient un déclic. Je rêve. Je j'étais au tennis avec mon fils il y a de jours, je lui expliquais plein de choses par rapport au tennis et par rapport à la vie. La niaque, le combat, l'envie. H tu vois là comment tu te construis dans tout ça. C'est pas le combat pour le combat, c'est pas de gagner pour gagner. On s'en fout tout ça, c'est comment toi tu intègres le jeu, comment tu intègres le pensées positives et constructives dans ton jeu pour que ça te change en tant qu'homme, que ça t'apporte des bases, que ça t'apporte des choses. Et d'ailleurs, regarde quand tu parles avec des des champions de tennis ou quoi, c'est très intéressant de les écouter, de voir ce qu'ils disent sur combien à la fois comme un artiste, tu es quelqu'un d'extrêmement fort et à la fois combien tu es quelqu'un d'extrêmement faible. J'ai une grande déception humaine qui a été terrible et que j'ai dû encaisser. Mais après, je suis passé à une énorme force intérieure qui a été géniale à vivre et qui m'a complètement métamorphosé. Et c'est pour ça que je remercie la période parce que la période je la trouve passionnante, dingue mais c'est historiquement dingue.

1:00:16 C'est c'est incroyable de vivre ça. Et quelque part faut remercier je sais pas qui de vivre ça parce que ça nous apprend à être meilleur, ça nous apprend à à nous à notre ça participe à notre construction et voilà, je trouve que c'est je sais plus que c'est encore une fois. Est-ce qu'il faut remercier les forces du mal? Oui. Ah, c'est une bonne question. Sans elle, point de métamorphose possible. Ouais, ouais, ouais. Faut Oui, faut remercier les forces du mal. De toute façon, faut tout remercier parce que tu ça t'apporte tellement quoi. Enfin, je C'est quoi la célèbre phrase? L'époque de paix apporte que des fabrique que des hommes faibles et les époques fortes enfin ou difficile qu'on apporte des hommes forts. Oui, je sais pas exactement ça mais l'idée elle est là et je sais plus qui a dit ça. C'est pas clé un mais comme ça sûrement. Et c'est totalement vrai. Moi je suis hyper content de voir ce que je suis en train de devenir, ce que j'ai affronté, ce que j'ai refusé. Je me dis bravo quoi. Et il faut être fier de soi.

1:01:35 Faut pas être fier de soi pour crier dans la rue et faire les coques et tout. C'est pas du tout ça. Mais c'est cette force qui t'anime, elle tu te rends compte de ce qui est essentiel pour toi et ce qui ne l'est pas. C'est une manière de d'explorer le connaîtoi-même. Exactement. Et je trouve que rien que pour ça, faut remercier l'époque vraiment. Après, je dis ça, j'ai pas perdu de famille, j'ai pas de gens qui sont morts dans des guerres. J'ai pas de J'ai donc c'est facile de dire ça quand on n'est pas dans cette situation. Finalement, c'est cyclique un peu comme les cycles de la femme. Ouais. Et je pense que la période colère est passée et ça c'est très intéressant et maintenant enfin moi en tout cas je suis dans autre chose totalement autre chose. Vous faites le point? Ouais bien sûr. Bah oui il faut faire le point régulièrement derrière l'objectif. Non montier c'était de faire le point en plus. C'est drôle. Oui, oui, c'est vrai. Et avant et oui, non, il faut faire le point. C'est essentiel, c'est essentiel. Il faut que il faut qu'on progresse. Donc finalement, cette fascination pour la femme, c'est aussi une fascination pour sa force créatrice.

1:02:42 Et cette créativité, effectivement, on l'a vécu depuis 5 ans d'une autre manière et vous la vivez aussi dans votre métier. Il a des passerelles incessantes. Totalement. Après, moi ça me rend dingue qu'on essaie de monter les hommes contre les femmes ou les femmes contre les hommes. C'est complètement stérile. Mais c'est mais et en plus il y a des gens qui tombent dans ce panneau quoi. Ils comprennent pas que de toute façon le but du jeu c'est constamment divisé. Je veux dire faut plus rien attendre de faut enfin c'est terminé ce qu'on est en train de vivre politiquement. C'est terminé. C'est mort. Ils sont morts. Ils le savent. Ils vont tomber. Il c'est qu'une question de patience et de force et de détermination. Donc il faut absolument que les gens se réunissent. Il faut qu'on qu'ils arrêtent de tomber dans le piège de la droite, la gauche, l'extrême gauche, l'extrême droite. Enfin, tu enf je veux dire mais allez voter, pas voter l'abstance. Mais mais c'est pas possible. Faut sortir de ce paradigme. Tant qu'on sortira pas de ça, ça on en s'en sortira pas. Donc il faut absolument retrouver cette force intérieure pour se et mais c'est aussi retrouver du courage personnel et surtout l'intérêt collectif de se dire "Ah mais non mais eux ils vont plus faire ça pour moi en fait. C'est moi qui vais devoir le faire avec les autres.

1:03:54 Qu'est-ce que je veux de ma société? Qu'est-ce que je veux de mon monde? Avec qui je veux vivre? Dans quelle de quelle manière je veux vivre? Tu vois? Stop à l'infantilisation des peuples. Ah totalement. Bah ça aussi c'est une pièce du puzzle. C'est voulu. Et regarde pourquoi ils veulent absolument tiens moi qui écrit qui enfin qui tente d'écrire des livres parce que pourquoi on écrit? Pour apprendre à écrire. Donc eux qui essayent d'imposer l'inclusivité dans l'écriture, ça sert à quoi l'inclusivité? à tout raccourcir. Ça sert à te retirer des mots de ton langage, de ton vocabulaire, de ta pensée. Et plus ils vont retirer de pièces, plus tu vas devenir con, plus tu plus moins tu vas réfléchir, moins tu vas avoir de manière de pouvoir t'exprimer. Et quand tu retires le langage à un être humain, qu'est-ce qui lui reste? Les points, la violence. Et c'est ça qui désire la barbarie. La barbarie, le chaos. C'est ça qu'ils ont c'est ce dont ça ils ont besoin pour construire le monde que eux ils désirent. Donc c'est pour ça qu'il faut absolument que tout le monde se pose les bonnes questions vis-à-vis de toutes ces pièces du puzzle qui sont là là devant nous. Et le déni servira à rien. Le déniera que rallonger la souffrance actuelle présente de toutes et tous.

1:05:15 Parce qu'il y a quand même une souffrance chez beaucoup de gens qui le disent ou qui ne le disent pas. qui se disent "Putain, je comprends pas ce qui se passe, je comprends pas la société, je tout est à l'envers, tout est inversé." Non mais regarde le puzzle, regarde chaque pièce. C'est bien foutu. Ils ont mis des décennies à le construire et toi tu as que quelques semaines pour le comprendre et l'intégrer. Donc, quelle que soit son appartenance religieuse, finalement tout le monde porte sa croix. Et pour conclure, je vais vous laisser le mot de la fin. Si je vous écoute, moi j'aurais envie de dire le conseil que vous donnez aux spectateurs, c'est lisez et aimer. Ouais. Ouais, tout à fait. Bonne fin. Je vais vous laisser quand même le mot de la fin parce que votre livre est très émouvant et merci. Très plein d'émotions, très beau très sincère. Bah, j'essae, j'essaie d'être sincère.

1:06:10 J'essaie de vivre sans jouer un rôle et tout et tous on joue un rôle dans la société parce que mais et c'est pour ça que ce qui est dingue, c'est qu'il y a une vraie répulsion des gens sans filtre. Et moi, j'aime énormément les gens sans filtre parce que quelqu'un s'en filtre, c'est quelqu'un qui a décidé de d'abandonner sa peau, mais sa peau sociale. Et je pense que le l'objectif d'une vie, c'est justement ça, d'abandonner cette peau. On vient pour apprendre, on vient pour comprendre des choses, on va repartir à poil. Donc de rêver de tous les biens matériels que non mais c'est vrai que c'est agréable d'avoir des belles choses. Il y a pas de problème. Moi j'en ai donc j'ai cette chance-là mais on mais tout le monde sait au fond de soi que la clé elle est pas là.

1:07:08 Donc du coup effectivement ce chemin qu'on doit faire ensemble et seul et essayons qu'il se passe du mieux possible et essayons de nous aimer. Mais c'est franchement pas toujours évident. Mais c'est un challenge. Merci les femmes. Merci les femmes. Merci à vous Steve Morau. Merci. [Musique] [Applaudissements] [Musique] C'est une maladie qui tue et qui tue pas des personnes.

1:08:28 Ça te fait peur toi? Pas du tout. Non. Pourquoi? Bah parce que sur les enfants ça peut pas tuer. C'est dangereux pour vraiment les personnes âgées qui sont déjà pas très qui sont déjà mal au point. Donc je sais pas si on peut dire que c'est vraiment dangereux. Il m'arrive des fois d'en parler avec mes parents. C'est même un sujet de discussion qui n'est même quasiment jamais clos. Moi, j'en parle pas forcément mais mes parents, ils en parlent oui beaucoup. Quand je vois ce qui se passe à l'école, au collège, déjà, je me sens pas bien avec le masque et tout ce qui se passe autour. Donc moi, j'ai porté une visière parce que j'arrivais pas à respirer avec le masque et ils m'ont mise à l'écart comme une pestiférée au fond de la classe. Donc déjà ça, je l'ai mal vécu parce que ils m'ont mis à l'écart de toute une classe pendant une année entière. Le masque, c'est pas vraiment mon point fort. Donc du coup, j'essaie de me cacher quand j'ai le masque. très mal, en fait, je suis obligée de le porter tout le temps.

1:09:43 Je peux plus trop respirer. Je dois le porter tout le long de la classe et même à la cantine, je dois le porter pour descendre les escalier de la cantine et on est obligé de le porter. Ne pas avoir le pass sanitaire c'est comme enfindre c'est comme avoir un délit. Tu es tu es un délinquant. Et donc ça fait penser que si toi tu as le pass sanitaire, tu vas dans la colonne passe et si toi tu l'as pas, tu vas dans la colonne de ceux qui sont pas vaccinés. Le passe notamment à créer des cases. Il y a des gens qui peuvent se faire plaisir et montrer aux autres que voilà, si vous êtes pas vous avez pas ce pass, vous ne pouvez pas. Après tous les gens vaccinés non enfin ont un passe mais d'autres personnes qui sont non vacciné aussi dépasse ou des passes droits par rapport à leur positionnement.

1:10:40 Tu ressens une certaine injustice dans tout ça? Ouais beaucoup. Ouais beaucoup. C'est très discriminant parce que bah quand on est quand on ose du coup affirmer ses choix personnels, on est casé en fait. Moi je j'aime vraiment pas porter le masque parce que déjà parfois je fais je de l'asthme et parfois je fais des crises d'asthme mais ça m'empêche de respirer. Bon je peux quand même respirer. Je suis pas m'étouffée mais j'aime vraiment pas le masque. Puis quand on parle c'est incompréhensible. Souvent on entend pas très bien vu que ça ça réduit le son qui sort de notre bouche. Ça changé des choses avec les parents qui ne veulent qui pendant un temps n'a plus voulu qu'on se voit à cause des mesures barrières. Mais entre nous, ça n'a rien changé. Ceux qui sont pas vaccinés, ils peuvent il y a beaucoup de choses qu'ils peuvent pas faire s'ils sont pas testés. Il peuvent plus aller au restaurant, ils peuvent plus aller au cinéma, au concert, il sont obligés de se faire tester avant. Donc oui, c'est une énorme contrainte. Donc oui, ça changé un peu les libertés des gens. Que penses-tu de la vaccination? Bah je pense que en fait c'est vraiment nul parce que on t'injecte quelque chose dans le bras, tu sais pas ce que c'est.

1:11:52 Tu as pas plus d'informations que ça ça protègera du Covid. En plus ça ne protège même pas pour ça dépend des personnes. Mais je trouve qu'on jette quelque chose dans le bras, tu as pas d'information dessus. Pour moi, c'est je pour moi c'est vraiment nul. Après, j'ai été obligé de me faire vacciner bien sûr, mais j'aurais si j'avais eu le choix, j'aurais préféré pas le faire. Qui t'a obligé à te vacciner? Bah, quand je veux dire le choix en soit personne, c'est que si je l'avais pas fait, le choix c'est un peu tout ce qu'on nous oblige. C'est le c'est la règle. Je me suis fait vacciner personnellement pour pouvoir participer aux sorties avec mes amis parce que la majorité des personnes de mes amis étaient vaccinés et donc je voulais pas me retrouver à part vis-à-vis d'eux. Qu'il exagère et que il fait paniquer toute la France alors que il y a pas forcément besoin de au contraire faut plus rassurer les gens que enfin je pense qu'il faut être réaliste mais en rassurant les gens et pas en faire des tonnes alors que c'est pas ce qui se passe vraiment.

1:13:08 Tu veux je te raconte ma pire journée de tournage quand j'étais technicien de cinéma? Ah oui, je veux bien savoir. Oui. Bah c'était sur un film de Richarl Laker qui a d'ailleurs un film qui était à Cann cette année qui je crois qu'il s'appelle Nouvelle Vague et avec Richard, j'avais fait before Sunset avec Julie Delp et Tan Hawk. Et cette fois-là, cette journée-là, si on tournait dans Paris et c'était des plans séquences où les comédiens avaient beaucoup de textes et les palpurs de la caméra sur les magasins en film tenaient pas. Ce qui fait qu'à chaque fois, on faisait commencer le plan séquence, les palpurs, il lâchait la caméra, la pellicule bourrait. J'ai passé la journée à essayer de sauver cette séquence qu'on avait un mal de chien à tourner et les comédiens étaient extraordinaires parce que un ils connaissaient leur tex sur le bout des doigts. Deux ils ont jamais rallé ils comprenaient les problèmes techniques et quand tu as quand même Etan Hawk qui est quand même un super comédien et jamais il s'est énervé. Julie Delpi, elle a rien dit et ils ont compris les problèmes de d'un technicien. Et tu vois, on parlait tout à l'heure de des pires journée de tournage parce qu'on parlait d'un autre exemple. Bah oui, celle-là, je m'en souviens très bien et tu te sens impuissant et en même temps, il faut quand même faire la journée. Et le réalisateur était pareil, formidable parce qu'il a jamais rallé, il a compris. Il y a des réalisateurs qui ne veulent pas comprendre. Il y a des acteurs qui ne veulent pas comprendre les problèmes techniques. Et ça c'est toujours un problème parce que c'est un collectif un film, c'est un ensemble. On est tous ensemble et là cette journée-là, ouais, je m'en souviens bien. Qu'est-ce qui s'est passé sur océan? Bah, un jour sur océan de Jacques Perin et Jacques Cluso, on m'appelle, on me dit, il faut que tu partes, il y a une tempête qui commence à Brest, il faut qu'on la filme pour le film. Donc je prends le TGV à Paris et je pars à donc à Brest.

1:14:56 Et donc plus le TGV avance, plus la tempête on est il rentre dans la tempête. Le matin, on se lève à 4h du mat, on prend le petit déj à l'hôtel, on part sur un bateau de guerre qui devait faire, je crois 120 m de long. Enfin, un truc énorme. Non, je dis 120 m de long. Je sais même plus la taille tellement c'était énorme. Et puis je devais installer une caméra à 30 m au-dessus du niveau de la mer, au-dessus des cabines et on devait filmer et d'ailleurs le plan est dans le film. On devait filmer les traves qui rentraient dans les vagues à toute vitesse et puis ça faisait des flots comme ça énormes. Et pour ce plan qui dure dans le film 10 secondes et on a on est parti à 4h du mat et on est rentré à 23h et moi j'ai fini d'installer la caméra au moment où on quittait la rade de Brest et la tempête était tellement énorme que je suis j'étais hyper malade. et avec l'autre assistant qui était avec moi, on je me souvienait les magasins de pellicules dans les l'endroit où on avait mis nos charging bag où il y avait les les torpilles où il charge les torpilles normalement et du coup le bateau il bougeait tellement qu'on Stéphan il me disait "Oh, attends, j'y vais, je vais vomir." Et moi je revenais, je disais "Ouais, c'est à mon tour." Et puis pour la petite histoire, on avait installé aussi une deuxième caméra qu'on voit dans le making off d'ailleurs dans un hublot tournant en acier qu'on avait fixé à l'avant du bateau. pareil pour avoir un plan sur le pont et puis il y a un moment donné donc on avait les retours vidéos en cabine avec le capitaine et tout le staf le staff de pilotage et puis d'un seul coup on a plus d'image et donc on met le bateau à la cap, on descend pour aller voir et là il y a plus de caméra, il y a plus rien, tout a disparu. Donc on dit bon bah la mère elle a tout envoyé et en fait sur les côtés sur l'un des côtés à babord on

1:16:47 découvre que par on avait mis des des barbouladou ça s'appelait à l'époque avec des sangles et tout et en fait la caméra avec le glot est presque dans le vide et donc on a tout sauvé de justesse. Sauf que c'est la caméra et le magasin est remplie d'eau de mer et l'eau de mer pour les caméras, le matériel photo et tout c'est ce qu'il y a de pire. Et du coup, on enlève le magasin dans le charging bag enlever la véhicule remplie d'eau de mer. Enfin, c'était une journée épouvantable. À tel point que j'avais un machiniste quand on a commencé à le soir, on est rentré à aller démonter la caméra, il m'a dit "Moi, je reviens plus jamais sur ce film." C'est un exemple d'un jour d'une journée de tournage sur océan et c'était j'ai pas fait tout le film moi, j'ai fait quelques missions et mais ça du tournage, il a duré 5 ans et mais c'était aussi une de mes missions de mes tournages un peu difficiles et mais j'aimais tellement Jacques Perin, c'est quelqu'un pour qui j'avais un immense respect et j'ai adoré sa carrière, j'ai adoré travailler pour l'homme et j'ai été très heureux de finir sur un film comme ça. J'ai commencé avec le dîner de con, j'ai fini avec océan donc je peux pas me plaindre.

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